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Archives Mensuelles: avril 2013

Communiqué

La compagnie de danse contemporaine fait revivre le roman de Jean-Pierre Martinet Jérôme, sous la forme d’un spectacle chorégraphique. Danse, vidéo franco-russe, art dramatique, lecture de textes en voix-off, entretiens littéraires se conjuguent pour amener sur scène cette œuvre atypique, son univers noir et drôle, ses textes et intertextes russes. Interprétée par cinq danseurs normaux, la chorégraphie explore les aspects spontanés et ludiques de la danse et la folie grisante du geste allant du rire nerveux au duo sensuel et exalté.

Avec la diffusion de l’extrait d’un entretien avec Alfred Eibel, préfacier et ami de l’auteur, Jean-Pierre Martinet.

Au Théâtre Confluences

190, Bd. De Charonne 75020 Paris (métro Philippe Auguste ou Alexandre Dumas)

les 11 et 12 mai à 20 h 20

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Publié par le avril 27, 2013 dans Uncategorized

 

Le Secret de Rita H., de Stéphanie des Horts

 

« A Hollywood, l’amour n’a pas, du point de vue sentimental, la même signification qu’en Europe. La même charge émotionnelle. L’amour fait plutôt partie du domaine de la compétition sportive, un exercice plus répandu qu’on ne l’imagine. Je me garderai bien d’affirmer, ainsi que le suggèrent les mauvaises langues, que l’Américain manque d’ardeur. Une chose est sûre, il est un gymnaste hors pair dans le domaine amoureux » écrivait il y a fort longtemps Curt Goetz et sa femme Valérie von Martens dans un ouvrage intitulé : Nous sommes des nomades… nous sommes des nomades… On s’apercevra en lisant le livre de Stéphanie des Horts que Curt Goetz n’avait pas tort.

Margarita Cansino avait le rythme dans la peau. C’était l’époque où l’orchestre de Xavie Cugat battait son plein, rumba et compagnie. Devenue Rita Hayworth, elle est baladée entre un tycoon consommateur effréné de starlettes, et un génie, Orson Welles, qui avait pris son éducation en main. Mariage, divorce, mariage suivi de frasques mémorables, mondanités et futilités. D’un côté les succès au cinéma de Rita Hayworth, sa renommée, le mythe ; d’un autre côté ce que Stéphanie des Horts met en lumière, la fange, la salissure, un monde hiérarchisé qui ne supporte que le succès, la rentabilité. Avec bonheur la romancière s’est glissée dans la peau de la star puisque son livre est écrit à la première personne. Dans Aux cent mille sourires. Hollywood. New York. Mexico, Maurice Debroka écrivait : « Le cinéma est la religion du XXème siècle. Il ne lui manque que ses martyrs ». Rita Hayworth fut une martyre de taille.

Alfred Eibel

Albin Michel

273 p., 18,90 €

 
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Publié par le avril 22, 2013 dans Uncategorized

 

En feuilletant, en survolant (9)

Vigueur du roman de François Cérésa. Belle pesée des mots. « Là, j’ai tiqué … Je me suis levé d’un bond et je lui ai dit avec véhémence. À quoi elle me sert ici, la femme idéale ? Jamais un rond, jamais une tendresse !… Elle reste de marbre… Raide, hautaine, cul au vent, sur son fauteuil, occupée à tailler son ticket de métro… L’air détaché… Dédaigneuse… ».

Cérésa rend hommage à Céline, à Alphonse, à Frédéric Dard, à Michel Audiard, à Simonin Albert. Concernant ce dernier, nous préférons, et de loin, Ange Bastiani (pseudonyme de Victor-Marie Lepage. Autres pseudonymes : Ralph Berti, Zep Cascini, Ange Gabrielli, Hugo Prince, Victor de Saint Victor, Vic Vorlier, Luigi da Costa).

Autre pseudonyme : Maurice Raphaël (1918 – 1977) douze ouvrages signés sous ce nom. Des compliments d’André Breton et de Raymond Guérin. Personnage peu recommandable, l’Ange en question était un activiste gestapiste pendant l’Occupation. Il n’en demeure pas moins que la spontanéité de son écriture, son jargon, sa façon de jaspiner vaut largement, sinon plus, que la langue verte et laborieuse d’Albert Simonin (qui n’est pas non plus un écrivain au-dessus de tout soupçon).

 

Merci qui ? de François Cérésa, Écriture, 361 p. 18,95€.

 

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Ce qu’il faut louer chez Jacques Sommer, auteur de Le crime à paraître cet automne chez Pierre-Guillaume de Roux éditeur, c’est l’impression de vie de son roman, au-delà des mots. Peu à peu les événements se précisent. Lenteur des événements. Plume à son bout un appât.

 

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Comment passer du chaud au froid. Un jeu de hasard qui tombe pile poil sur les bons chiffres. Hasard et justesse se rencontrent. Contrairement à des polars filandreux, Sylvie Granotier sait construire une intrigue. Nous emboitons le pas à Catherine, une jeune avocate pénaliste qui tient sans faiblesse le fléau de la balance de la justice. Sylvie Granotier ou l’art d’écrire au service du grand art.

 

La place des morts, de Sylvie Granotier, « Spécial Suspense », Albin Michel, 325 p. 19,50 €.

 

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Cinq femmes chinoises en difficulté. Suite aux conséquences d’une Chine perturbée, arriérée, affamée. Et la lumière fut ! La liberté retrouvée ! Enfin des femmes aux postes clefs d’une société affrontant des problèmes aussi vieux que la Chine elle-même : la sexualité et l’homosexualité.

 Cinq femmes chinoises, de Chantal Pelletier, Éditions Joëlle Losfeld, 130 p. 14,90 €.

Alfred Eibel

 
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Publié par le avril 16, 2013 dans Uncategorized

 

Albert Dunkel, écrivain de génie, tueur en série de Michael Siefener

La création littéraire est issue de fonds obscurs. Pourquoi ne pas montrer étape par étape le montage d’une œuvre, ce qu’elle révèle de troublant ; allons plus loin, de crapuleux. Michael Siefener s’est attelé à cette tâche difficile. Avec Albert Dunkel, on pénètre dans des zones obscures. Il a été durant des années le souffre douleur de ses camarades d’école. Richard von Krafft-Ebing (1840-1902) qui s’est consacré à l’étude des maladies mentales aurait vite diagnostiqué chez Dunkel, suite aux persécutions dont il fut la victime, un apprenti sadique, un malfaiteur au sens où l’entendait Julien Green, un désespéré absolu et par voie de conséquence un criminel en puissance. Heinrich von Maulschweig (1873-1938), le grand psychiatre viennois, a écrit, suite aux séances de quelques écrivains, que s’ils n’avaient pas écrit ils seraient devenus des criminels. N’a-t-on pas lu quelque chose de semblable à propos de Fritz Lang ? Le drame d’Albert Dunkel auteur de plusieurs romans remarqués, n’a pas pour autant renoncé à tuer. Celui qui déclarait avoir été un premier de classe, lecteur de Lovecraft, victime d’une mère castratrice, solitaire à l’exemple de Peter Lorre dans M le maudit, ne pouvait se satisfaire que par l’écriture. Confronté à l’incommensurable. Albert Dunkel vécut dans un monde de violence et de cynisme ; un monde absurde, déchiré, spectateur d’une civilisation en déclin, un monde paralysé par le renoncement et par la lâcheté. Il fallait qu’il se fasse entendre : N’a-t-il pas déclaré « Dieu m’a enfin entendu ! ». Pour secouer un peuple pris de léthargie, il fallait qu’Albert Dunkel le réveillât, car « L’homme est tout espoir. Lorsque l’espoir a disparu, il n’est plus que néant », notamment pour son roman Les Mille yeux du Cauchemar (allusion au Dr. Mabuse). Propagandiste du pire, à l’exemple du Dr. Goebbels, prétendant pouvoir diriger, communiquer par contact ou à distance, à l’exemple de Franz Anton Mesmer (1734-1815) Albert Dunkel pétri d’incertitudes et d’angoisses, homme violent envers sa femme, au comportement irrationnel, inspire le dégoût ou attire. On connaît l’intérêt que peut susciter chez le citoyen des personnages qui sentent le souffre. Une société « frankensteinisée » ne peut au bout du compte que voir se dresser devant elle, un homme comme celui-ci, fou et dangereux, qui dans un de ses romans décrit des meurtres avec un sadisme peu commun. Cet homme n’hésite pas à déclarer que l’Histoire n’est qu’un immense engrenage. Il a mauvaise conscience, il en joue, avance à tâtons dans les ténèbres. Il laisse ceux qui l’approchent dans un état d’incertitude. Il fréquente l’obscur, le douteux, le confus. Il est l’ami des secrets. Le définir, c’est la bouteille à l’encre, d’une société composée d’hypocrites, de profiteurs. Sa singulière attirance pour les cimetières en a bluffé plus d’un. Sans domicile, il rôde la nuit, à la recherche d’un abri. Près de soixante ans après la fin du IIIème Reich, d’étranges rêveurs hantent encore les rues, des sorciers peu ordinaires, des êtres insaisissables, dans un monde « synonymie de maladie, mort, putréfaction et autres calamités ».

Dunkel est le prototype de cela. Ses cris inquiètent. Son occultisme laisse perplexe. Michael Siefener en biographe scrupuleux abandonne aux lecteurs plusieurs interprétations possibles. On sait par expérience que tout tyran commence par écrire des poèmes, loin de ceux de Trakl (1887-1914) qui ont pressenti les images cruelles et violentes à venir. S’il fallait s’appuyer sur quelques prédécesseurs de Michael Siefener, nommons Jorge Luis Borgès et Arno Schmidt. Traduit avec talent, cette biographie se lit comme un roman criminel (krimi en allemand) comme une série de faits-divers, les uns plus impressionnants que les autres, à vous donner des sueurs froides.

Alfred Eibel

Albert Dunkel, écrivain de génie, tueur en série de Michael Siefener, Serge Safran éditeur, 235 p., 19€

 
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Publié par le avril 6, 2013 dans Uncategorized

 

Albert Cossery l’Egyptien

Des ruelles cairotes miséreuses de l’enfance à sa chambre dans un hôtel germanopratin où il vécut 56 ans, Albert Cossery a promené son regard d’écrivain misanthrope ami de Camus et d’Henry Miller. Au terrorisme du travail il opposait celui de la pensée. A la violence du monde sa dérision, son œil noir qui coupait court à toute forme imposée de bavardage. «Mendiants et orgueilleux » reste par son égyptianité le plus emblématique de ses livres dont on regrette, avec l’auteur de ce portrait attachant, qu’ils recèlent si peu de part autobiographique.

Françoise Monfort

Monsieur Albert  Cossery, une vie
de Frédéric Andrau
Editions de Corlevour

 
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Publié par le avril 2, 2013 dans Uncategorized