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Archives Mensuelles: avril 2018

Histoire des cocotiers, Journal 1997-1998 d’Olivier Maulin

Ce journal frappe d’abord par sa simplicité, sa spontanéité, son absence d’effets, de malignité, de paroles pompeuses, de mépris. Olivier Maulin a relu attentivement ces pages pour en retrancher les redites. Il est à la recherche d’une activité lui permettant de gagner sa vie. En 1999, il finit par obtenir une bourse pour six mois au Brésil. En fait, il fourbit ses armes pour devenir écrivain. Conforme à l’honneur et à la probité, il raconte sa vie. Au cours du temps qui passe, il se garde bien de mimer un rôle. Il se contente d’être un intervenant dans sa vie de tous les jours ce qui lui permet de mieux se connaître lui et les autres en racontant les petites choses de la vie. Il ne supporte pas le sectarisme, les grandes orgues des affirmations péremptoires. Que de rencontres, d’instants de grâce, d’illusions perdues, d’allers et venues, notant une évolution ou marquant une résignation. Il s’efforce de trouver aux événements une richesse poétique qu’il rapporte le plus simplement du monde. Sa curiosité s’appuie sur la pointe des pieds. Les heures s’empilent, les portraits qu’il trace ne sont pas piqués des hannetons. Son journal, une tentative d’approfondissement, de réconciliation, de franchise sans fioritures ; parfois est-il amené à des répliques qui guillotinent l’adversaire. Toujours du côté de la guerre du courage, il part en guerre contre la lâcheté. L’amour s’insère dans sa vie sans qu’on l’ait sonné si l’on ose dire. Rencontres avec des grandes excitées, filles incertaines quant à leur ligne de vie, filles troubles, troublantes ; l’amour mirage et comment distinguer du premier coup d’œil les vraies putes des demi-putes. Une mise à plat de sa vie : « Être artiste par temps démocratique, c’est malheureusement le plus souvent n’avoir pas su trouver une autre place dans la société ».

 

Alfred Eibel.

Éditions rue Fromentin, 191 p., 20 €.

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Publié par le avril 23, 2018 dans Uncategorized

 

Mother Feeling, de Michel Chevron

Roman du tapage, de l’acharnement moral, de la déglingue au cours duquel s’agitent des personnages pas d’aplomb, néanmoins décidés à poursuivre le combat avec des cliques et des cloaques. Rodolphe Dendron, velléitaire, vivant au crochet de sa maman, saisit par Mother Feeling, un site de rencontres ; malchanceux parce que sa fiancée a été enlevée par une sorte de nabot. Bref, Rodolphe trouve un job à la Cellule Rainer Strauss en tant que chasseur de dettes. Il forme un tandem avec un flic arabe qui en a vu des vertes et des pas mûres. Des Bouvard et Pécuchet du recouvrement, minables, lamentables ; aussi lamentables que les créanciers vigoureusement interpelés. Que de bassesse, d’abjection, de tracasseries, d’ignominie, de menaces rencontrées par les deux mecs, se heurtant à la disparition de femmes, d’un bébé. On se croirait dans un Batman aménagé par des cabotins dans le style Jack Nicholson. Michel Chevron travaille dans le genre provoc sans omettre que dans cette BD heurtée, aux rebondissements imprévisibles, ce roman drolatique sous-tend en permanence une variante du Roman comique de Scarron aux mésaventures de pauvres cloches plus ou moins faméliques au centre d’un monde d’un buzz permanent. Rien n’y manque, lèche-bottisme, affabulation, manipulation, cachotteries, en plein délire de notre société où le nain jaune apparaît comme un régulateur au sein d’une société dérangée dans ses mécanismes. Nous voici, comme le suggère Michel Chevron, installé dans la vie brut de décoffrage.

 

Alfred Eibel.

Serge Safran éditeur, 289 p., 20 €.

 
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Publié par le avril 7, 2018 dans Uncategorized

 

Adèle de Sénange, de Madame de Souza

Sous le pseudonyme de Madame de Souza, la comtesse de Flahaut (1761-1836), jeune aristocrate française, fuit la Révolution française et s’installe à Londres. Dans le but de gagner sa vie, elle écrit un roman par lettres intitulé Adèle de Sénange publié avec succès à Londres en 1792. On se sent proche des événements rapportés, la confiance, la générosité, comme autant de maîtres mots. Nécessité de faire le bien sans omettre les sentiments qui s’y attachent. Que de bonheur en perspective chez Madame de Souza, de fraîcheur, de sincérité mais aussi de chagrin. Le plaisir naît le plus souvent, dit-elle, de petits événements. Chaque jour qui passe est comme une fête en dépit des heures troubles ; ne retenir que ce qui réjouit le cœur.

 

Alfred Eibel.

Rivages poche/Petite Bibliothèque, 278 p. 9,90 €.

 
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Publié par le avril 7, 2018 dans Uncategorized

 

Madame de Lambert, De l’amitié

« Tout sentiment qui s’affaiblit tombe ». Une vie sans amitié est une vie sans charme. L’amitié oblige. En se dérobant elle s’affaisse. La vertu est la condition d’une amitié solide. Un malentendu est difficilement réparable. Qu’on se le dise ! Madame de Lambert (1647-1733) enchaîne. Ces qualités de cœur sont plus nécessaires que celles de l’esprit. Ce qui compte, c’est le fondement de l’amitié. Mais attention, il se peut qu’il s’effrite. Le temps use parfois ce qui paraît durable. S’il faut rompre, rompons mais sans éclat. Évitons les aigreurs qui sont proches des maux de ventre. N’hésitons pas à faire un retour sur nous-mêmes. À bon entendeur, salut !

 

Alfred Eibel.

Rivages poche/Petite Bibliothèque, 99 p. 7 €.

 
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Publié par le avril 7, 2018 dans Uncategorized

 

Madame de Lambert, Avis d’une mère à sa fille

Cela paraît-il aller de soi ? Pas si sûr. Pas pour tout le monde. Par les orages du temps il faut savoir plaire en y mettant les formes. Les années nous accusent de négligence. On en revient à la vertu et à la grâce, à la dignité, à la retenue, à l’habilité d’une conduite bien pesée. Ne pas se farcir la tête d’une foule de données inutiles qui ne soient pas tirées de son propre fond. À l’époque on parlait d’imperfections ; aujourd’hui notamment on peut toujours sourire des préceptes de Madame de Lambert. Les commencements de l’amour ne présentent que des fleurs. Gare aux égarements ! Ce qui nous gâte la vie, ce sont nos médisances et les regards envieux de notre entourage. On n’avance pas, on empoisonne notre humeur car l’aigreur est le pire poison, nous dit Madame de Lambert.

 

Alfred Eibel.

Rivages poche/Petite Bibliothèque, 151 p. 7,60 €.

 
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Publié par le avril 7, 2018 dans Uncategorized