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Archives Mensuelles: mai 2013

Alain Guyard : 33 leçons de philosophie par et pour les mauvais garçons

.Les idées ? Des bancs publics sur lesquels sont installés des tyrans. Des ébranleurs de concepts assénant des blocs de phrases à des adversaires trop entreprenants. Se prétendre philosophe exige d’être seul dans une chambre comme l’avait compris Michel de Ghelderode, à lire, relire, vérifier, confronter, à caracoler après les filles, à s’épater en s’éclatant, à écrire, écrire, écrire, à pratiquer une « solidarité ordinaire ». Avoir vécu, déraisonné ; s’être beurré comme un petit Lu ; n’avoir pas froid aux yeux. Vivre intensément, se poser des questions à propos de Debord, Foucault, Serge Livrozet ; délaisser la politique, ce gigantesque boxon, fuir les « ronds-de-jambeurs », faire preuve d’autodiscipline, devenir maître des mots. Connaître ses classiques sans se laisser abuser par leur malignité. Ayant creusé son sillon, Alain Guyard, éducateur de prison, manie le jargon pénitentiaire avec vivacité. Maurice Raphaël tendance Ange Bastiani en aurait été tout ébaudi. Descartes en mousquetaire prêt à croiser le fer, Spinoza polissant ses idées en polissant ses verres. Le silence d’Albert Cossery, le « dernier des pharaons ». Ces trente-trois leçons si trempées méritent plus qu’une lecture de plus. Pour faire court, appelons ce livre Le petit Guyard illustré.

Alfred Eibel

Le Dilettante

287 p., 20 €.

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Publié par le mai 22, 2013 dans Uncategorized

 
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Le blogueur avec Sylvie, écrivaine

Le blogueur avec Sylvie, écrivaine

 
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Publié par le mai 19, 2013 dans Uncategorized

 

En feuilletant, en survolant, 11

Pierre Mac Orlan écrivait à Jean-Pierre Chabrol : « Quand j’ai envie de tuer, je décris un meurtre, c’est sans doute pour ça que je ne suis pas devenu un assassin ». Est-ce pour cette raison que Jacques Sommer n’est pas devenu un assassin ? Un meurtre recouvre de multiples motivations qu’il est mal aisé de définir. Ceux qui liront Le Meurtre de Jacques Sommer à paraître cet automne chez Pierre-Guillaume de Roux éditeur, auront le dernier mot.

***

Double signature jeudi 16 mai 2013 à 20h

Eric Dussert signe Une Forêt cachée (La Table Ronde) et Philippe Di Folco signe Lavo Matic (Stephane. Editeur).

À La Belle Hortense, 31 rue Vieille du Temple, 75004 Paris

01.48.04.71.60

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Curiosité. Voici ce qu’on peut lire : « L’émotion dans la ville par l’invasion chinoise était intense. Les habitants se montraient inquiets. L’entourage du Dalaï-Lama ne l’était pas moins. Nul ne se faisait la moindre illusion sur les capacités de résistance de l’armée tibétaine. On rappelait volontiers l’expédition britannique du Colonel Youghusband, qui envahit le Tibet en 1904, obligeant le Dalaï-Lama à se réfugier en Mongolie, puis en Chine, où il s’établit à Pékin, puis, en 1910, alors que le Dieu-Empereur n’était rentré dans ses meubles que depuis deux ans, c’était au tour de la Chine d’envahir le pays et le Dalaï-Lama, cette fois, fort logiquement, s’exilait aux Indes où il demeurait jusqu’en 1912, date du grand soulèvement nationaliste qui avait obligé les fils du Ciel à retourner chez eux ». D’où cela est-il extrait ? De O.S.S.117 Appelle… de Jean Bruce, Fleuve Noir, 1950.

 
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Publié par le mai 10, 2013 dans Uncategorized

 

Causeries du dimanche de Philippe d’Hugues

On a peine à imaginer l’importance d’écrivains d’un passé lointain, d’un passé proche, se rappelant à nous, en cette année 2013, alors qu’une avalanche semble les avoir emportés dans un profond oubli, sinon dans une totale indifférence. Le travail remarquable de Philippe d’Hugues témoigne que ces voix sont entendues, que leur écho nous rattrape.

Les Journaux intimes de Benjamin Constant nous font souvenir de nos contradictions, de nos passions, du peu de fermeté de nos convictions. Admirable réflecteur !

Contester Sainte-Beuve n’exclut pas ses avancées, sans oublier ses limites.

Personnage égaré, pas romantique pour un sou, fourvoyé dans l’abomination, ayant chèrement payé ses funestes fièvres, Lucien Rebatet, le mal aimé, garde la tête froide dès lors qu’il se penche sur le cinéma, la littérature, la musique. Il a le goût sûr. Sans complaisance, il ne se barricade pas. Il est inspiré et, du coup, prend une longueur d’avance sur ses contemporains.

Nous ne nous attarderons pas sur Gobineau qu’il faudrait relire crayon en main ; sur Roger Nimier, « le meilleur écrivain de son temps » ; sur Paul Morand « prophète du futur » ou sur Audiberti à la prose ébouriffante. Revient sous la plume de Philippe d’Hugues de constante façon, à propos d’écrivains qu’il étudie, un art d’écrire qui franchit les générations. De la sécheresse, de la retenue, trouver le mot juste, faire respirer les phrases ; avoir de l’aisance et encore de l’aisance.

On peut énoncer des réserves sur les films de François Truffaut. On est obligé de reconnaître l’épistolier formidable. « Le naturel, la vivacité, la précision du trait » écrit Philippe d’Hugues à propos de sa correspondance qui rallie les meilleures de son temps.

Oswald Spengler écrivait qu’une structure « de phrase claire et sans ambiguïté est donc une nécessité primordiale ». Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui où l’on cherche à parasiter la parole.

Cinquante ans après la parution de cette trentaine d’études, l’accélération de la technique nous a éloignés du rivage des îles des Hespérides.

Ce sur quoi Pol Vandromme a construit son édifice de critique littéraire s’est lézardé au fil du temps. Le souffle d’air, de rêve, qu’animaient ses saisons, s’en est allé.

Laissons-nous convaincre par les fines analyses de Philippe d’Hugues. Il classe, déclasse, rejette ou replace au centre de l’univers d’un écrivain, l’œuvre phare qui éclaire les esprits.

C’est le grand mérite de ces Causeries, les bienvenues, de mettre fin à nos hébétudes.

 

Alfred Eibel.

Éditions Auda Isarn

278 p., 23 €.

 
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Publié par le mai 3, 2013 dans Uncategorized

 

En feuilletant, en survolant. 10

En parcourant le Livre Journal 1920 de Ferdinand Bac (Editions Claire Paulhan) je tombe sur le passage suivant : « Même en s’efforçant à la plus grande indulgence ou à la plus grande indifférence – alors qu’on demeure déjà distant de tant de passions et comme absent de l’agitation des intérêts humains-… » me fait souvenir ce qui constitue l’axe du roman de Jacques Sommer Le Meurtre. Un livre porté par le scandale, sans précédent, ce que Dostoïevski a défendu dans un de ses plus célèbres romans et qui a fait scandale. Le Meurtre paraîtra cet automne chez Pierre-Guillaume de Roux éditeur.

 

Dans les griffes de la Ligue, de Jean d’Aillon (les aventures d’Olivier Haute ville) Flammarion 22 €.

« Garin n’avait personne dans sa vie. Seuls les chevaux l’intéressaient. J’étais passé à côté de la vérité. Je crois qu’il avait choisi, depuis des années, de tuer le roi, le jugeant vraisemblablement responsable des actes du duc de Joyeuse. Mais il n’avait jamais eu l’occasion de l’approcher, comme je vous l’ai révélé. Or, la veille du crime, dans la soirée, il avait mené les chevaux à l’abreuvoir situé à côté du logis royal. Il avait dû voir Clément, peut-être lui avait-il parlé. Quoi qu’il en soit, il avait su que le moine voulait rencontrer sa Majesté. Peut-être a-t-il vu monsieur de la Guesle emmener Clément chez lui, entendre qu’il reviendrait le lendemain. C’est là que son dessein de fol s’est mis en place dans son esprit dérangé ».

 

Le livre noir de la littérature française du XIXème siècle. Chroniques du racisme ordinaire : Alphonse Daudet, Alexandre Dumas, Jules de Goncourt, Victor Hugo, Joris-Karl Huysmans, Pierre Loti, Guy de Maupassant, Jules Michelet, Pierre-Joseph Proudon, Ernest Renan, Stendhal, Jules Verne et quelques autres (Editions Pimientos, 158 p., 15€). Fondée par Alexandre Hurel il y a quinze ans, dans les collines basques, cette maison d’édition se consacre entre autres à la littérature du voyage au XIXème siècle. Il note : « Les plus grands écrivains français ont développé une forme de racisme d’une rare violence, semblant appeler de leurs vœux les drames qui vont éclore au XXème siècle ». Un exemple, un seul : « Il se passe une chose curieuse : aussitôt que vos achats se ralentissent, l’amabilité baveuse du youtre se renfrogne ».

 

Entre nous, ne faudrait-il pas retraduire les auteurs de la Série Noire ? On obtiendrait des versions complètes, inattendues. Fatigué d’entendre rabâcher l’œuvre de Raymond Chandler, de Dashiell Hammett et, remettant une couche, de Hammett et de Chandler, ces grands occultateurs, on aurait une meilleure connaissance de ce milieu en retraduisant des écrivains qui méritent un sort plus acceptable.

En voici une liste non exhaustive : Cleve F. Adams, Gil Brewer, Brett Halliday, Horace McCoy, Richard Jessup, Frank Kane et Henry Kane, Day Kene, Ed Lacy, Jonathan Latimer, Dan Marlowe, Harold Q. Masur, Stuart Palmer, Talmage Powell, Jimmy Sangster, Gertrude Walker, Thomas Walsh, Hillary Waugh, Lionel White.

 
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Publié par le mai 3, 2013 dans Uncategorized