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Archives Mensuelles: novembre 2013

Brouillard, de Jean-Claude Pirotte.

Livre de rentrée. Mini-choix de Valeurs.

Jean-Claude Pirotte, à ses débuts, avec une régularité de métronome, s’échappe de l’univers clos qu’est la société. La liberté est sinueuse, elle a un prix. Le narrateur de Brouillard, prisonnier du cancer, tente de reprendre la main sur son passé. Classer ses souvenirs. Faire paraître les petits faits quotidiens plus gros qu’ils ne sont, les filtrer, les charger de poésie, des bribes de vie happées au hasard.

Ses maladresses, ses mauvaises fréquentations, son mariage obscur, ses malaises, tout mérite d’être signalé dans ce tohu-bohu de souvenirs rassemblés à la sauvette. « C’est un bonheur de se procurer son propre étonnement ». La tâche du poète, se laisser surprendre, mettre au net les fractions d’épaves qui remontent à la surface. Pirotte évoque le « nouveau siècle qui déjà se démantibule ». Il est temps de sauver les livres qui l’inspirent.

Alfred Eibel

Le Cherche-Midi éditeur, 144 p. 13,50 €.

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Publié par le novembre 27, 2013 dans Uncategorized

 

Raymond Chandler : Les enquêtes de Philip Marlowe

Sur les sept romans publiés par Raymond Chandler, seuls Le grand Sommeil et La dame du lac n’ont pas été révisés. Le cinéma a popularisé Marlowe, détective de légende. Futé, mélancolique, c’est un éternel insatisfait. Pour lui, tout est factice, tout est à vendre, ce qui ne l’empêche pas de mettre les femmes sur un piédestal. Comme Marlowe, Chandler est gauche, vulnérable, aimant et détestant l’Amérique. Lire Chandler a dit un critique, c’est couper un melon en deux et s’apercevoir qu’il est en voie de putréfaction. Chandler et Marlowe : deux solitaires tristes et gamins à la fois. Chandler perfectionniste et énigmatique attiré par « Lucky » Luciano. Marlowe, de son côté, demeure incrédule. Chandler aime caresser son chat Taki, Marlowe, par contre, aime taquiner les femmes.

Alfred Eibel

Quarto/Gallimard, 1312 p. 28,50 €.

 

 
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Publié par le novembre 27, 2013 dans Uncategorized

 

Au pied du mur, d’Élisabeth Sanxay Holding

Lucia seule, son mari en voyage d’affaires, apprend que sa fille Bea entretient une idylle avec Darby, un homme sans scrupules. Une bagarre éclate au cours de laquelle Bea le tue. L’affaire se complique à cause de lettres compromettantes brandies par un second maître chanteur. Issue de la classe moyenne, Lucia est prête à tout pour sauver son ménage ne pouvant admettre que le noyau familial soit perturbé par un imprévu qui ferait dérailler la routine. E.S.Holding trace de son héroïne un portrait symboliquement représentatif d’une génération de femmes vouées aux cuisines.

Alfred Eibel

Éditions Baker Street, 312 p. 18 €.

 

 
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Publié par le novembre 15, 2013 dans Uncategorized

 

Miscellanea

Les petits blancs. Un voyage dans la France d’en bas, d’Aymeric Patricot.

Avez-vous lu Nous les vivants d’Erskine Caldwell ? Les petits blancs du sud ? Aymeric Patricot suit, toute proportion gardée, les traces d’Erskine dans la banlieue. Bizarrement connoté petit blanc, sa pâleur, ce pourrait être raciste. Fixé comme une plante en pot sans la possibilité d’être repiqué. Voilà que le « blanc bec » se retrouve embastillé, rencontre, croise des familles venues des îles lointaines et des continents aux antipodes. Leur sort identique au sien. Le blanc se sent infirme, éructe, profère des injures, se cogne la tête contre les murs. Il est temps d’aller à la rencontre d’Aymeric Patricot.

Éditions Plein Jour, 163 p., 17 €.

 

Sylvain Goudemare : Arts lointains, Afrique, Amérique, Océanie.

Ceux qui ne connaissent pas encore la librairie de Sylvain Goudemare, 9 rue du Cardinal Lemoine, 75005 Paris, tél : 06 71 71 29 14, ouverte du mardi au samedi de 14 h 30 à 19 h 30, feraient bien d’y aller voir, ne fut-ce que pour palper son dernier catalogue. Un monde inconnu s’ouvre, porteur de beauté. Sylvain Goudemare : la netteté de ses commentaires aux ouvrages proposés. Les amateurs rencontreront les noms de Félix Fénéon, Georges Balandier, Marcel Griaule, Michel Leiris, Claude Lévi-Strauss, Alfred Métraux, Thor Heyerdahl, André Breton, ainsi que des planches qui ont fait rêver les explorateurs.

 

Nicolas Bouvier – Thierry Vernet : Tous les coqs du matin chantaient.

Une rencontre comme celle de Nicolas Bouvier, écrivain, voyageur, iconographe, avec le peintre et graveur Thierry Vernet se situe au-delà d’une simple amitié. Nicolas et Thierry ont conçu ce petit ouvrage comme une carte de visite, déterminés qu’ils étaient à voyager vers l’Orient qu’ils n’ont pas ressenti compliqué. Bouvier note : « Quelques fois j’interroge la ville étendue, j’essaye d’y découvrir le fil mystérieux qui me conduira vers les enceintes ». À quoi fait écho un dessin de Vernet représentant un ranch qu’un petit bois enserre avec amour.

Éditions Zoé, 40 p., 15 €.

 

Je serai toujours là, de Philippe Savin.

Un premier roman est toujours un défi et jamais sans reproches. Il importe moins qu’une vue d’ensemble bien charpentée. Les Cévennes au relief tourmenté sont difficiles à franchir. Le climat est âpre, très froid l’hiver avec des pluies violentes. C’est pourtant là qu’est affecté le commandant Nathan Prieur avec sa femme et ses deux filles. Des légendes secouent la région. Les hommes sont à l’affût, les bêtes se révoltent. Une fille est massacrée, des disparitions inexpliquées, sèment la panique. Les habitants s’épient, un tueur en série sévit à moins que la série de meurtres soit perpétrée par plusieurs tueurs. L’histoire se complique, les cadavres se bousculent. «  Il y a des vérités qu’on ne devrait jamais découvrir ». Roman bien rythmé, excellents dialogues. Le lecteur est emporté par la verve de Philippe Savin.

MA éditions/Pôle Noir, 297 p. 17,90 €.

 

Alfred Eibel.

 

 

 

 

 
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Publié par le novembre 3, 2013 dans Uncategorized