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Causeries du dimanche de Philippe d’Hugues

03 Mai

On a peine à imaginer l’importance d’écrivains d’un passé lointain, d’un passé proche, se rappelant à nous, en cette année 2013, alors qu’une avalanche semble les avoir emportés dans un profond oubli, sinon dans une totale indifférence. Le travail remarquable de Philippe d’Hugues témoigne que ces voix sont entendues, que leur écho nous rattrape.

Les Journaux intimes de Benjamin Constant nous font souvenir de nos contradictions, de nos passions, du peu de fermeté de nos convictions. Admirable réflecteur !

Contester Sainte-Beuve n’exclut pas ses avancées, sans oublier ses limites.

Personnage égaré, pas romantique pour un sou, fourvoyé dans l’abomination, ayant chèrement payé ses funestes fièvres, Lucien Rebatet, le mal aimé, garde la tête froide dès lors qu’il se penche sur le cinéma, la littérature, la musique. Il a le goût sûr. Sans complaisance, il ne se barricade pas. Il est inspiré et, du coup, prend une longueur d’avance sur ses contemporains.

Nous ne nous attarderons pas sur Gobineau qu’il faudrait relire crayon en main ; sur Roger Nimier, « le meilleur écrivain de son temps » ; sur Paul Morand « prophète du futur » ou sur Audiberti à la prose ébouriffante. Revient sous la plume de Philippe d’Hugues de constante façon, à propos d’écrivains qu’il étudie, un art d’écrire qui franchit les générations. De la sécheresse, de la retenue, trouver le mot juste, faire respirer les phrases ; avoir de l’aisance et encore de l’aisance.

On peut énoncer des réserves sur les films de François Truffaut. On est obligé de reconnaître l’épistolier formidable. « Le naturel, la vivacité, la précision du trait » écrit Philippe d’Hugues à propos de sa correspondance qui rallie les meilleures de son temps.

Oswald Spengler écrivait qu’une structure « de phrase claire et sans ambiguïté est donc une nécessité primordiale ». Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui où l’on cherche à parasiter la parole.

Cinquante ans après la parution de cette trentaine d’études, l’accélération de la technique nous a éloignés du rivage des îles des Hespérides.

Ce sur quoi Pol Vandromme a construit son édifice de critique littéraire s’est lézardé au fil du temps. Le souffle d’air, de rêve, qu’animaient ses saisons, s’en est allé.

Laissons-nous convaincre par les fines analyses de Philippe d’Hugues. Il classe, déclasse, rejette ou replace au centre de l’univers d’un écrivain, l’œuvre phare qui éclaire les esprits.

C’est le grand mérite de ces Causeries, les bienvenues, de mettre fin à nos hébétudes.

 

Alfred Eibel.

Éditions Auda Isarn

278 p., 23 €.

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Publié par le mai 3, 2013 dans Uncategorized

 

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