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À paraître…

À paraître…

Rym Sellami et Alfred Eibel

Alfred Eibel : « Dans la rue avec Jean-Pierre Martinet »

Éditions des Paraiges

4, rue Anatole Tastu – 57000 Metz

contact @editions-des-paraiges.eu

114 p., 13 €

 
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Publié par le mai 25, 2017 dans Uncategorized

 

Les retrouvailles, d’Olivier Maulin

Au départ on se voit dans un roman de Jacques de Lacretelle. Après vingt-cinq ans d’absence, Laurent Campanelli est invité à passer le week-end chez son vieux camarade de fac dans la grande bâtisse de son frère Yvon au cœur des montages savoyardes. Mais le temps est un vilain rongeur. Quand le verni saute, les écarts se creusent. Avoir de la fortune crée quelques agaceries. L’amitié du temps passé se mue en affection. Pourtant Laurent est content de revoir son ancien ami. C’est un mystère pour personne que les souvenirs sont la plupart du temps enguirlandés. Bon accueil de Michel, son frère Yvon, leur sœur Flore avec laquelle au bon vieux temps Laurent entretenait une liaison. On quitte l’univers de Lacretelle pour entrer dans un climat propice à la camaraderie à la montagne par grand froid. Les couples se chicanent, les récriminations prennent leur essor. Jusqu’à présent l’alcool dans les romans d’Olivier Maulin rapprochait les amis. A présent, il accroit les tensions, les invectives, les anicroches, la jalousie, tandis que se multiplient les menaces. Nous voilà embarqué dans un roman d’Ivy Compton-Burnett. Chacun fait valoir son autorité. Cependant, quelque chose bouge lorsque Flore glisse un billet aguicheur à Laurent qui n’en espérait pas autant pour venir la rejoindre à trois heures du matin dans sa chambre. L’amour corruptible ne connait plus de limites jusqu’à ce que les amants d’un soir soient pris en flagrant délit. Suit une bagarre d’une rare violence dans la cave. Nous voilà embarqué dans un roman d’Anne Radcliffe avec des phénomènes d’une forme singulière du fantastique. Olivier Maulin nous aura bien eu. Du coup, son histoire prend une nouvelle dimension lorsque le lecteur s’empresse de relire Les retrouvailles pour découvrir ce qui lui avait échappé à la première lecture.

Alfred Eibel

Editions du Rocher

183 p., 17,90 €

 
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Publié par le mai 24, 2017 dans Uncategorized

 

Petite annonce

Un ami et chanteur, Jean-Claude Balland cherche se défaire de 45 volumes et additifs d’Edouard Charton de Le Tour du Monde (1870-1912 inclus). Manquent 1913-1914. La reliure est homogène, couleur marron foncé dos cuir. A quoi s’ajoutent quelques volumes annexes aujourd’hui introuvables. Nombreux dessins. Chaque volume pèse entre 3 à 4 kilos. Prix à débattre.

Téléphoner et laisser un message : 06 03 49 54 25.

 
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Publié par le mai 24, 2017 dans Uncategorized

 

Pierre Rissient : MISTER EVERYWHERE

Ce livre d’entretiens surprendra sans doute les jeunes cinéphiles qui n’auraient pas entendu parler de Pierre Rissient et ignoreraient les multiples activités que celui-ci mène depuis soixante ans. L’homme, cinémane infatigable, éminence grise et entremetteur prolixe, accessoirement scénariste et réalisateur, s’est démené sous toutes les latitudes pour la cause du 7ème art, a hanté tous les festivals, et connu tous ceux qu’il importe de fréquenter dans le monde du cinéma. Celui que son ami Clint Eastwood a surnommé « Mr. Everywhere » possède de multiples cordes à son arc, et tant de visages qu’il a choisi… Robert Redford pour l’incarner en couverture.

C’est peut-être en commençant par l’attachant récit de ses années de jeunesse qu’on saisira le mieux sa personnalité. Le besoin de convaincre le lecteur n’ayant pas encore émergé en lui sous la forme impérieuse, catégorique, qu’il prit souvent, nous découvrons avec plaisir un lecteur omnivore, passionné de poésie, dont nous nous demandons finalement si ce n’est pas davantage en poète (frustré ?) qu’il a souvent appréhende le cinéma, plus sensible à ses fulgurances qu’à la rigueur de ses architectures scénaristiques, à la cohérence du jeu, etc. Un attachement fervent, mais jamais clairement défini à la « mise en scène » a constitué l’alpha et l’oméga du « macmahonisme ». Rissient fut la figure la plus active de cette mouvance (école, secte, chapelle ? je vous laisse le choix)dont l’influence serait restée infinitésimale sans son éloquente conviction. Plus que par des écrits ou un travail critique suivi et structuré, c’est par la parole que Rissient amena la critique française (ou plutôt parisienne) à s’intéresser à quantité de cinéastes que celle-ci sous-estimait ou méconnaissait. Les plus évidents furent Walsh, Preminger, Losey, le Lang américain. Le travail accompli à cette époque ne saurait être contesté. On l’apprécierait encore plus s’il ne s’accompagnait de rejets abrupts qu’il serait fastidieux de lister (Hitchcock et Welles sont deux exemples notoires du bêtisier macmahonien où l’on voit aussi ériger en chef-d’œuvre « Les Aventures d’Hojji Baba ».)

Devenu attaché de presse, Pierre Rissient accomplit avec Bertrand Tavernier un travail considérable qui ne devrait pas occulter celui, bien plus structuré et argumenté d’un Simon Mizrahi pour le cinéma italien, ou de Jean-Claude Missiaen. Aujourd’hui, l’information passe par d’autres canaux que la presse écrite, et la cinéphilie se nourrit ailleurs. Elle est plus dispersée, mais peut juger sur pièces, et s’en laisse moins aisément conter. Adieu, gourous d’antan un rien terroristes, adieu, chapelles et batailles d’Hernani… Une page s’est tournée, et c’est avec un sourire indulgent que nous saluons cet âge héroïque dont Rissient demeure une figure clé. Nul ne peut blâmer celui qui s’attache à faire aimer découvrir…

Olivier Eyquem

Pierre Rissient : MISTER EVERYWHERE. Entretiens avec Samuel Blumenfeld, avec la participation de Marc Bernard. Préfaces de Clint Eastwood et Bertrand Tavernier. Institut Lumière/Actes Sud, 2016, 23 €

 
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Publié par le mai 20, 2017 dans Uncategorized

 

ANNONCE…

Exposition des peintures de Sergio Schmidt-Iglesias  « Un oiseau revient … ou les cités de l’âme ». Du samedi 20 mai au samedi 1er juillet 2017 Au Tanit Théâtre, 11 rue d’Orival – 14100 – Lisieux Vernissage le samedi 20 mai 2017 Du lundi au vendredi de 10 h à 18 h Sur rendez-vous le samedi Tél : 02 31 62 66 08 http://www.tanit-theatre.com

 
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Publié par le avril 25, 2017 dans Uncategorized

 

Marc Villard, Si tu vois ta mère.

Le jazz adoucit-il les mœurs ? Mais non, il rôde, il divise, choque, lisez affrontement entre blancs et noirs, s’insinue par des voies obliques, manifeste auprès de ceux qui « se bouffent le nez régulièrement ». Ces gars ont des jobs d’appoint, abonnés à une vie bien pourrie qui au final se font descendre. Dans Harlem, la mort est un incident parmi d’autres sur une musique de Miles Davis. Avec Marc Villard on est tout de suite au parfum. On s’y agonise, on s’y angoisse, on se sent instable dans ces territoires d’Amérique jetés hors des grandes villes. On y grandit en permanence sur ses gardes, sous pression nuit et jour, sur un air monkien, une furie coltranienne, ou encore Chet Baker qui expulse l’air entré dans sa poitrine. Fin connaisseur du jazz, Marc Villard insère au bon moment une prestation de Gerry Mulligan, met en valeur quelques standards. On y croise Charles Bukowski qui, dans une langue digne de l’Hôtel de Rambouillet, racle des fonds de bouteilles, précipite des personnages dérangés par une vive passion. La fin de Billie Holiday est une des meilleures nouvelles de ce recueil. Lady Day quitte la vie sans tambour ni trompette, sans pompe, avec simplicité. Elle ne se paie pas de mots pour ne pas déranger. Seize nouvelles dignes de la grande époque du film noir américain et des meilleures pages de Frank Kane (1912-1968).

Alfred Eibel.

Éditions Cohen et Cohen, 178 p.15 €.

 
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Publié par le avril 25, 2017 dans Uncategorized

 

Didier Le Fur, Diane de Poitiers

On sait que l’Histoire n’est pas une science exacte. Elle manque de voix. Historiens et romanciers s’en sont donnés à cœur joie pour faire de Diane de Poitiers (1500-1566) un mythe, qui participe de la fable, de l’histoire héroïque ou des temps fabuleux. Clément Marot (1496-1544) en a rajouté une couche dans l’exaltation. La liste de ses thuriféraires établie par Didier Le Fur est impressionnante. Alors, qui était-elle réellement ? On sait qu’elle a été la maîtresse de François Ier et de son fils Henri II. Ne dit-on pas que c’est une femme de tête avide de pouvoir et d’argent ? Si elle avait été si avide, pourquoi ne l’a-t-on pas remarquée davantage ? Pourquoi ne la voit-on que lorsque la Cour l’exige, pour ensuite disparaître ? « Ce n’est qu’une ombre floue qu’il faut chercher derrière d’autres silhouettes ». Les esprits mal tournés pourraient faire croire qu’elle passait son temps au lit avec des hommes. Séduits par ce tempérament, certains auteurs ont accrédité que sa beauté eût été éclatante. « Toujours belle, toujours fraîche, toujours d’une santé éclatante, Diane de Poitiers avait alors soixante ans ». Le désir rend aveugle ; il faut en rabattre, encore faudrait-il posséder l’esprit d’un grand couturier du XVIe siècle pour se prononcer sur l’éventuelle splendeur de cette femme. Au fil des pages on sent Didier Le Fur tanguer entre le peu de documents disponibles, ce qu’il appelle des « trous noirs » et une réputation. Malgré l’absence de témoignages de première main, il eût été possible qu’elle fût une bête de sexe. Pour conclure Didier Le Fur constate que « le secret de la vie amoureuse de Diane de Poitiers fut bien gardé, autant par les principaux intéressés que par ceux qui étaient susceptibles de la connaître ». Livre passionnant, belle écriture qui laisse quelques lecteurs sur le sable. Pourtant, « la vérité existe, on n’invente que le mensonge » écrivait Georges Bernanos. Cela dit, il n’est pas interdit de rêver.

Alfred Eibel.

Perrin, 381 p. 21 €.

 
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Publié par le avril 25, 2017 dans Uncategorized