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Archives du février 3, 2019

Les maîtres de l’eau, de Francesco Masala

Il y a des îles qu’on envie. Tant que ça que ce fut le cas de la Sardaigne dominée d’abord par les Phéniciens, puis par les Romains, les Byzantins, puis durant quatre siècles sous la domination aragonaise, ensuite la domination espagnole, piémontaise. L’écrivain sarde Francesco Masala (1916-2007) s’intéresse à l’histoire hydrologique de la Sardaigne. Une histoire surprenante. Les raisons en sont à la fois socio-économiques et sacrées ; économiques, cela semble l’évidence même ; objet de culte c’est moins évident. Pourtant l’importance que la Sardaigne a attachée à ce phénomène traverse toute son histoire. Objet de culte, l’eau s’est révélée un problème primordial, une véritable religion. On s’adressait à des sorciers de villages pour faire pleuvoir. Il fallait étancher la soif des hommes et des champs. Plus tard, on a construit des lacs artificiels, des ponts, des aqueducs. Au XXe siècle, non sans de multiples tergiversations, nombreuses furent les mesures prises non sans retard. Si bien que Francesco Masala écrit : « capitalisme fasciste et capitalisme démocratique. Trouver la différence ». Lambiner fut presque un mot d’ordre pour trouver des solutions. D’abord les promesses, puis celles qui ont vu le jour tardivement ou n’ont pas été tenues sans penser que le temps n’attend personne. À ce propos, Francisco Masala se réfère au roman de Hermann Hesse Le jeu des perles de verre où la maîtrise d’éléments divers pour atteindre la durée des choses semble sans fin et donc illusoire. Le livre dépasse largement le problème de la Sardaigne. Francesco Masala pose les bonnes questions. C’est pourquoi son travail se présente comme une déclaration publique par laquelle il explique les raisons de conduite à tenir à l’égard d’un pouvoir.

 

Alfred Eibel.

Traduit de l’italien (Sardaigne) par Claude Schmitt.

Éditions de L’Harmattan, 76 p, 11,50 €.

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Publié par le février 3, 2019 dans Uncategorized

 

Batailles pour le Goncourt 1903-2018

Tirages, rééditions, éditions postérieures, documents originaux, contexte de l’attribution du prix, rien ne manque à ce fastueux album illustré, frappé qu’on est par tant de célébrités grandes et honorables aujourd’hui englouties. Les lecteurs qui se sont délectés de Léon Frapié, Jérôme et Jean Tharaud, Charles Plasnier, André Billy, Henri Fauconnier, Philippe Hériat, Paul Colin, Jacques Borel et consorts, auront-ils le courage de replonger dans leurs œuvres ? De certains écrivains ne subsistent que des reliures de grand luxe destinées aux maniaques bibliophiles qui ne lisent pas. Une bonne partie des œuvres couronnées ne sont plus que feuilles mortes qu’on ramasse à la pelle. Sur les rangs, les éditeurs qui attendent leur becquée. Les lauréats sur qui pleuvent les hommages en restent tout ébahis. Comme au théâtre. Après la représentation, on éteint. Mais avant de déclarer à la foule le nom de l’heureux élu, que de commentaires peu amènes, de remarques acerbes, d’intrigues, d’humeurs, d’affrontements à fleuret moucheté, d’explications inamicales, de consécrations inattendues, de méchancetés scrupuleusement rapportées. Ceux qui président au cénacle ressemblent à des chasseurs de lépidoptères. Le prix s’efface lentement ; semblablement à l’écoulement du temps. « La consécration littéraire peut être une longue patience ». Parfois un miracle, une injustice réparée. On retire un écrivain de son caveau. Le lecteur écarquille les yeux. Il vient de mettre la main sur un trésor.

 

Alfred Eibel

Librairies Fosse et Walden, 258 p. 10€.

12, rue Puvis de Chavannes – 75017 – Paris.

 
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Publié par le février 3, 2019 dans Uncategorized