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Éric Dussert : Cachées par la forêt

19 Nov

Cent trente-huit femmes de lettres recensées. Je retrouve parmi bien d’autres Grazia Deledda (Prix Nobel de littérature en 1926), Jeanne Galzy, Thea von Arbou, Maryse Choisy, Alice Rivaz, S. Corinna Bille, Claudine Chonez, Barbara Pym, Hélène Parmelin, Anne Cuneo, Virginie des Rieux. Je me vois prêt à découvrir bon nombre d’écrivains qui méritent, j’en suis persuadé, d’être révélées et qui, par ailleurs, sont dignes d’être solennisées. Mais ce livre a aussi un autre mérite : il nous culpabilise parce que nous avons la fâcheuse habitude d’aller vers des écrivains célèbres, réputés, plutôt que de nous attarder un instant à une inconnue. Manque de courage ? Crainte d’être déçus ? Snobisme ? Nous voici arrivés dans une partie du bois dégarnie d’arbres. En nous retournant, nous repérons un arbre et nous l’observons. À loisir, un temps long, pour y découvrir ce qui subsiste par lui-même, en quoi ce grand végétal ligneux est à découvrir selon toute apparence. Ce que recommandait Krishnamurti dans son premier livre La première et la dernière liberté préfacé par Aldous Huxley. Il en va de même pour les écrivains. Dépasser sa première impression. C’est un travail titanesque qu’a entrepris Éric Dussert en accueillant ces femmes de lettres délaissées qui ne demandent qu’à ressusciter. En résumé, Éric Dussert a passé une partie de sa vie à réveiller une multitude de belles au bois dormant. A.t’Serstevens note dans Escales parmi les livres ce qui suit : « Il faut que la vie pénètre et ranime toutes ces cellules frappées de léthargie par le temps et la sereine immobilité ». Prenons l’exemple de Clarisse Francillon (1899 -1976). Dans Béatrice et les insectes, Éric Dussert note : « qu’on n’imagine pas un ballet gracieux de libellules. C’est avec une phrase virile autant que fantaisiste que Clarisse Francillon attaque le nuage des hommes « laids et malfaisants » qui tournent autour de la narratrice ».

J’ajoute pour finir qu’Éric Dussert fournit toutes les indications nécessaires pour se procurer ces livres.

 

Alfred Eibel.

La Table Ronde, 574 p. 22 €.

 

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Publié par le novembre 19, 2018 dans Uncategorized

 

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