RSS

Liane Moriarty, Un peu, beaucoup, à la folie.

14 Juil

On aime Un peu, beaucoup, à la folie Liane Moriarty. Prédestinée par son nom à la Conan Doyle, Liane Moriarty manie une fois de plus avec brio l’art du roman à suspense, l’étude de mœurs et la satire sociale. La construction romanesque époustouflante nous tient en haleine d’un bout à l’autre. La romancière nous plonge dans l’univers des « suburban families » : des familles, des couples avec et sans enfants, des amitiés, des relations de voisinage, une invitation à un barbecue. Dans ce roman, on saluera l’incipit in medias res qui frappe l’esprit par cette phrase simple et si énigmatique : « Tout a commencé par un barbecue ». Le décor est planté, l’occasion est parfaite pour passer un dimanche après-midi convivial… Mais pourquoi, après cet événement, les invités répètent-ils sans cesse cette phrase : « si seulement nous n’y étions pas allés » ? Le roman oscille entre deux moments : avant le barbecue et « Le jour du barbecue ». L’amitié y est mise à rude épreuve. S’ils pouvaient parler, les personnages nous diraient, comme Balzac, que « Le malheur a cela de bon qu’il nous apprend à connaître nos vrais amis ». Au fil de flash-backs, le roman nous dévoile l’intimité de ces couples et voisins, la souffrance des uns, les relations toxiques des autres, la rivalité sociale entre gens de la classe moyenne. Le vernis social craque souvent et l’apparence laisse place à une réalité plus troublante… Le secret de Liane Moriarty est de lever le voile sur les faces cachées, parfois sombres, de l’âme humaine. Ce roman qui nous tient par son intrigue et son suspense est une « comédie humaine » audacieuse. Pour reprendre une pensée de Balzac, dans les romans de Liane Moriarty, « Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des événements ». Cette histoire secrète, faite certes des Petits secrets, grands mensonges des personnages, n’est-elle pas également celle de l’auteur qui réussit à mêler dans son récit ces différents ingrédients : amour, amitié, barbecue, noyade et GPA ? Après le succès du Secret du mari et de Petits secrets, grands mensonges, on retient une fois de plus l’art du portrait de l’australienne pour ses figures maternelles. Certaines sont exemplaires, d’autres sont détestables, mais peut-on s’accorder à affirmer comme Balzac que « Le cœur d’une mère est un abîme au fond duquel se trouve toujours un pardon » ?

Laurence Eibel

Editions Albin Michel 519 pages, 22,90€

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le juillet 14, 2018 dans Uncategorized

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :