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Dans la rue avec Jean-Pierre Martinet, d’Alfred Eibel

12 Juil

« Notre impuissance à créer une dimension nous vaut des quolibets ». La dimension… Pour Alfred Eibel et Jean-Pierre Martinet tout est question de relativité dans leur quête de hauteur. De physique, parfois : comment une culotte peut-elle s’insérer entre le jean de la serveuse vietnamienne et son corps sublime ? De métaphysique toujours. A la gueule d’un monde de faux semblants les comparses ont choisi de jeter leur différence, leurs différences, leur indifférence. « La dérision est le moteur de notre existence » résume Alfred pour décrire leur duo qui remonte aux années 70, de drôles de pistolets, « comme disent les Belges ». Leur monde s’étend en cercles concentriques depuis la rue Henri Bocquillon. Paris XVe. Un temps voisins de palier ils croisent des personnages céliniens dans la cage d’escalier, la mère Henrouille n’aurait pas dépareillé la collection de portraits croqués par l’auteur. L’avenue Félix Faure leur sert de rampe de lancement pour des incursions dans Paris intra-muros. Les rencontres se succèdent, les verres, les bouteilles de saint-émilion aussi. Les papillons de nuit volètent à leur approche, une Asta se distingue, « créature de poche » aux allures de Louise Brooks, « Niagara d’alcôve » dont l’abondance de flux les incite davantage à mater qu’à tâter. Les rencontres se font plus généralement autour de la littérature, « notre gondole vénitienne intérieure » avoue Eibel toujours attaché à son trio de gondoliers préférés : le poète Yves Martin, Albert t’Serstevens et Jean-Pierre Martinet, « ce survivant d’une variété de l’Atlantide » qu’il nous fait découvrir à travers leurs déambulations. Son désespoir de ne pas être reconnu pour ses talents d’écrivain, sa dégringolade qui s’arrête à 49 ans. Son Jérôme sera réédité en 2008 préfacé par notre auteur. Plus de 5 000 exemplaires vendus, un intérêt grandissant de la part d’universitaires. Imitant Le Baron perché de Calvino Alfred Eibel a décidé pour sa part de prendre définitivement de la hauteur en trouvant « refuge dans une tour infernale ».

 

Françoise Monfort

« Dans la rue avec Jean-Pierre Martinet »

Editions des Paraiges

115 p., 13 €

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1 commentaire

Publié par le juillet 12, 2017 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Dans la rue avec Jean-Pierre Martinet, d’Alfred Eibel

  1. Michel Marmin

    juillet 12, 2017 at 10:32

    Superbe commentaire : un concentré explosif d’eibelisme martinetien. Bravo… et une bouteille de sent milion !

     

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