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Marc Villard, Si tu vois ta mère.

25 Avr

Le jazz adoucit-il les mœurs ? Mais non, il rôde, il divise, choque, lisez affrontement entre blancs et noirs, s’insinue par des voies obliques, manifeste auprès de ceux qui « se bouffent le nez régulièrement ». Ces gars ont des jobs d’appoint, abonnés à une vie bien pourrie qui au final se font descendre. Dans Harlem, la mort est un incident parmi d’autres sur une musique de Miles Davis. Avec Marc Villard on est tout de suite au parfum. On s’y agonise, on s’y angoisse, on se sent instable dans ces territoires d’Amérique jetés hors des grandes villes. On y grandit en permanence sur ses gardes, sous pression nuit et jour, sur un air monkien, une furie coltranienne, ou encore Chet Baker qui expulse l’air entré dans sa poitrine. Fin connaisseur du jazz, Marc Villard insère au bon moment une prestation de Gerry Mulligan, met en valeur quelques standards. On y croise Charles Bukowski qui, dans une langue digne de l’Hôtel de Rambouillet, racle des fonds de bouteilles, précipite des personnages dérangés par une vive passion. La fin de Billie Holiday est une des meilleures nouvelles de ce recueil. Lady Day quitte la vie sans tambour ni trompette, sans pompe, avec simplicité. Elle ne se paie pas de mots pour ne pas déranger. Seize nouvelles dignes de la grande époque du film noir américain et des meilleures pages de Frank Kane (1912-1968).

Alfred Eibel.

Éditions Cohen et Cohen, 178 p.15 €.

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Publié par le avril 25, 2017 dans Uncategorized

 

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