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Alain Paucard, Manuel de résistance à l’art contemporain

30 Sep

En cent pages, Alain Paucard résume ce qu’il faut penser de l’art contemporain, citant de nombreux exemples, s’appuyant sur les prémices de ce qui a abouti à ce vide grenier devant lequel s’agenouillent les indifférents dotés d’un sursaut dès qu’on les place devant ce qu’on appelle un objet non identifié. Littré définit ainsi le mot art : « une manière de faire une chose selon certaines méthodes ». Il s’agit de surprendre, de frapper d’inertie le spectateur, de telle sorte qu’il se sente obligé d’écouter les critiques d’art, spécialisés dans l’art d’écrire en caractères secrets. L’art contemporain ressemble fort à l’apposition des mains en religion. Les guerres européennes nous ont habitués aux décombres, à la désolation, aux ruines en tous genres devant lesquelles nous restons sans voix comme devant l’art brut. Parmi ces matériaux effondrés, on repère une poupée, une paire de lunettes, une chaussette ou une brosse à dents. Ces résidus rassemblés par hasard font croire à on ne sait quel arrangement qui serait au-dessus de la nature, occasions inespérées pour les faussaires qui détiennent là un argument de taille : rompre avec la beauté, rompre avec les illuminations, parce que le monde lui-même a renoncé à sa splendeur. Marcel Duchamp avait compris comment duper son monde. Quant à la nature agissante, lors du transport du Grand Verre, des fissures sont apparues. C’est encore plus beau, se sont exprimés experts et connaisseurs ! « Les formes du goût viennent du rêve, et le rêve, c’est une fenêtre sur le divin ». Nous en sommes loin. « Libre est celui, écrit Paucard, qui laisse agir sa main. Prisonnier, celui qui a des idées ». Comment dîtes-vous ? Paucard parle d’« exigence intérieure ». De quoi parle-t-il ? Dès lors, il faut une préface pour introduire une déchetterie en couleur. Malcolm Lowry a écrit : « J’aime les préfaces, parfois je ne vais pas plus loin ». Nous non plus n’irons pas plus loin. Ce mode d’emploi est une insulte à notre sensibilité, à notre cœur, à nos émotions. Méfiez-vous également des pâtisseries viennoises. On les retrouve parfois en architecture. Le mot kitsch traduit de l’allemand signifie objet de mauvais goût. Autrement dit, c’est du toc. Voilà ce que m’inspire cet étonnant manuel. Je veux souligner le raisonnement sans faille d’Alain Paucard, son érudition, sa manière de dire l’essentiel en peu de mots, insistant avec raison sur le mot art si galvaudé de nos jours.

P.S. : Quand Pharaon inventa la chaise pliante, c’était pour s’asseoir dessus. Plusieurs siècles après, la chaise pliante est devenue un objet d’art.

 

Alfred Eibel.

Jean-Cyril Godefroy, 100 p. 12 €.

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Publié par le septembre 30, 2016 dans Uncategorized

 

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