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La rose et le noir, de Catulle Mendès. Les oiseaux bleus, de Catulle Mendès

12 Sep

Catulle Mendès est né à Bordeaux en 1841, mort broyé par un train sous le tunnel de Saint-Germain en 1909.

« Cet écrivain mineur et démodé » note le préfacier Gérald Duchemin, jouissait d’une belle renommée dans le monde des Lettres ce qui, probablement, à fait grimacer la postérité, d’autant qu’il était doué d’une brillante facilité, capable d’écrire sur tout, des romans aux titres chocs : Monstres parisiens, L’Homme tout nu, Jupes courtes, etc.

Si l’on est sensible à ses préciosités, à ses tournures tarabiscotées, alors Mendès est l’homme qu’il faut. Il aimait enguirlander le plus bénin épisode de la vie ; il savait, tel un grand couturier, trouver les plis qui tombent justes, à ses deux fois vingt sept histoires de fées. La belle au bois dormant réveillée par un olibrius qu’elle n’attendait pas. Il y a du Max Linder chez ce conteur pris dans la gesticulation verbale, éblouir à tout prix. Habile à doser les ingrédients nécessaires à la composition de ses fééries, sa prose gastronomique s’adresse aux becs fins de la langue française. Chez Catulle Mendès, drame et drôlerie se rejoignent. Ne pas aller tout de suite à l’essentiel lui est un devoir. Tourner autour du sujet, à la manière d’un derviche tourneur, pour enfin terminer par une fin imprévisible, c’est sa marque de fabrique. Peu importe les étrangetés racontées par Mendès, il importe qu’elles soient belles, élégiaques ; pourvu qu’il clame ses émotions, pourvu qu’il se sente devenir medium, pourvu qu’il sache bien placer sa voix. N’encourage-t-il pas ses lecteurs à surmonter ses malheurs pour tendre vers la jouissance ? On trouvera dans ses contes autant de reflets qu’un miroir peut supporter !

« Je passe à travers la vie, pour tant d’autres amers, extasié ! ». Ses personnages : des ingrats, des convulsionnaires, des comédiens, un criminel qui s’arc-boute devant les circonstances atténuantes, un spécialiste de la contradiction, quelques sophistes, un mec qui a gâché sa vie en futilités. En somme que cherche Catulle Mendès, « un reflet plus abouti de ce réel devenu absolument imprévisible » remarque Gérald Duchemin. S’ébrouer dans la prose française d’un autre temps ne peut être qu’un bienfait, à condition que l’on souhaite partir à la recherche des plaisirs perdus.

 

Alfred Eibel

Éditions du chat rouge, 268 p. 20 €.

Éditions du chat rouge, 234 p. 20 €.

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Publié par le septembre 12, 2016 dans Uncategorized

 

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