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Un été sans fin, de Serge Koster

13 Mar

L’auteur atteint de la maladie de Parkinson passe en revue sa vie comme on passe en revue des troupes que l’on fait ranger pour les examiner avant le combat final. Serge Koster éprouve des sensations, conçoit ce qu’elles éveillent. Les mots le sauvent. Il les guette, les fait siens, partout où le marbre les porte. Il s’observe, compte ce qui dans sa vie participe de l’accidentel, s’accommode mal de l’imprévisible parce que sa lucidité l’oblige à écarter ce qui crée des obligations. Il repasse les relations avec son père. La procréation le tourmente. Ce qui est inévitable a l’avantage d’être un bon garde-fou. Plus on avance dans cette forme d’introspection sans fin au style soutenu, plus on colle à l’auteur, plus on est saisi par l’esprit qui le tourmente. La plus inattendue de ses étapes, la plus décisive, qui semble-t-il le bloque, le crispe, le rend réfractaire, c’est sa judéité. Il prend conscience qu’il est impossible de jeter le bébé avec l’eau du bain. Ce qui empoisonne sa vie, c’est la langue française défigurée. Il ne se fait guère d’illusions sur son avenir ; et, c’est parce qu’il ne s’en fait plus que, libéré d’une charge, il laisse courir sa plume avec respect, ses trésors, ses imparfaits du subjonctif, les chatoiements de la langue française, ce qui lui permet, ayant une œuvre importante derrière lui, d’oublier une bonne fois cette idée bien audacieuse de passer à la postérité dans un avenir improbable.

 

Alfred Eibel.

Pierre-Guillaume de Roux éditeur,

107 p. 19,90 €.

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Publié par le mars 13, 2016 dans Uncategorized

 

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