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0ù est passé mon Damâvand ? Une pianiste iranienne face à l’exil, de Pari Barkeshli

30 Déc

A .t’Serstevens a écrit un roman intitulé L’amour autour de la maison. Le livre de Pari Barkeshli rejoint ce titre. Nous sommes à Téhéran. L’héroïne, Chahrbanou, est institutrice. Ahmad, un homme aux multiples facettes, c’est son mari. Beaux parents, belles sœurs, beaux frères, vivent sous le même toit. La vie tranquille semble compromise. Brusquement, Ahmad décide de divorcer ; non, plutôt répudier sa femme. Il se rend à Paris pour soutenir une thèse de doctorat. Son ex-épouse affronte les tourments, bénéficie de soutiens, emménage dans une nouvelle maison alors qu’elle est enceinte. Sa fille nommée Rohshanak sera plus tard musicienne suite à un parcours aux angles alternativement saillants et rentrants ; suite à des difficultés à n’en plus finir ; se heurtant aux us et coutumes d’une vieille civilisation, autant d’entraves à la liberté ; un frein, dès lors que Chahrbanou tente un pas de clerc. La complexité des rapports entre les personnages de ce livre tient précisément aux multiples pierres d’achoppement. En prenant de l’âge, Chahrbanou fait preuve d’une détermination peu commune pour se soustraire à des périls qui ne cessent d’augmenter. Roman picaresque, en partie autobiographique, l’auteur étant pianiste, il raconte les difficultés d’une société qui se cherche plutôt qu’elle ne se trouve, et qui au bout du compte amène mère et fille à quitter Téhéran pour s’installer à Paris. Ce livre rapporte un pan entier de l’histoire de l’Iran, du Shah et de son pétrole, sa modernité qui dissimule les pattes d’oie d’un monde en déliquescence. Après le départ du Shah, la république islamique. Cette fois, mère et fille ont définitivement dit adieu à Téhéran. Elles sont à Paris, sans racines, sans repères, sans souvenirs.

L’auteur se distingue par son agilité, la simplicité de son écriture. Il nous fait connaitre les plis et replis d’une existence douloureuse. Le Damâvand du titre symbolise la résistance du peuple iranien contre les invasions. L’essentiel est toutefois sauvé : le monde mystérieux de la musique et son interprétation.

Alfred Eibel

L’Harmattan

283 p. 23 €.

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Publié par le décembre 30, 2015 dans Uncategorized

 

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