RSS

Sinatra confidential, showbiz, casinos, mafia, de Shawn Levy

03 Déc

Randonnée sur le chemin sinueux de la vie de Frank Sinatra (1915-1998). Chanteur incomparable, obsédé par les femmes, impulsif, bagarreur, porté aux nues par des groupies aux socquettes blanches qui éprouvaient un plaisir sensuel en l’écoutant chanter. Mais Sinatra avait d’autres cordes à son arc. Il s’entourait de mecs la dalle en pente, de bavards, de joueurs, de gangsters au point que l’ouvrage de Shawn Levy ressemble fort à un bottin mondain de la Mafia. De New-York à Miami, de Los Angeles à Las Vegas Frank, telle une comète, trainait derrière lui Frank Costello, Carlo Marcello, Santo Trafficante au nom prédestiné, Lucky Luciano, tueurs et hommes d’affaires comme le très influent Sam Giancana surnommé « le Pitre », les mains plaquées sur les tables de jeu de La Havane, ne craignant ni John Edgar Hoover, ni Kennedy, prêt à tabasser un opposant. L’opposant en question, on le retrouvait généralement en morceaux dans un bidon d’essence. Avec Sammy Davis Jr., Peter Lawford, Dean Martin, ils créent le Rat Pack. Les innombrables pots de vin s’entrechoquaient dans les casinos. Comment distinguer putes et petites amies. La sincérité s’exprimait avec les pieds, le visage, les mains. On se retrouvait entre copains dans les parties fines, dans les partouzes et dans les numéros d’équilibriste dont Sinatra était le champion. La vulgarité contenue pouvait enfin donner sa pleine mesure dès lors qu’on se trouvait en haut de l’affiche. Le pognon d’abord, le frou-frou ensuite. Les fauchés, les ratés étaient superbement méprisés. Avoir des démêlés avec la justice valait bien un Oscar. Sam Giancana s’était fait faire des cartes de visite qu’il distribuait autour de lui. Sinatra et ses affidés auraient pu en faire autant. La carte était ainsi libellée : pas d’adresse/ pas de téléphone/ pas d’entreprise/ pas d’argent/ retraité. La singularité de ce livre souligne une évidence : la dépendance réciproque entre l’État, le monde du spectacle, la Mafia, la finance, l’impunité absolue et les gonzesses en rade.

Alfred Eibel

Éditions Rivages, 364 p.22 €.

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le décembre 3, 2015 dans Uncategorized

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :