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Le bal du siècle, de Stéphanie des Horts

17 Mai

Jim, père capitaine trop porté sur la bouteille, sa femme indienne trop belle, Nina, quinze ans, leur fille, trop amoureuse pour son âge et enfin Jack O’Hara, intrigant, sont les principaux personnages de ce roman. Il y a plus de soixante ans la jet-set excentrique se donnait à fond, sentait le vent tourner qui allait mettre fin à leur joyeuse décadence. Milliardaires, stars américaines, hommes de lettres français, parasites, trainent leurs ennuis d’une ville à l’autre de Lausanne à Venise, une dolce vita en perpétuel renouvellement. Des messieurs emperruqués tentent de séduire des femmes portant souliers légers qui hissent le cou-de-pied. De 1947 à 1951 que de changements, que de souvenirs plumes au vent, que d’idées sauts de puce ! L’envers du décor, par contre, est moins jubilatoire puisque c’est à Lahore que se retrouvent Nina, ses parents et l’inévitable Jack O’Hara dans une Inde secouée par des affrontements entre religions sans parler du choléra qui décime des villages. Fini la gondole aux chimères ! Nina fixe son grand amour sur Jack plus âgé qu’elle tandis que lui s’éprend de la mère de Nina. Retranchés de la Sérénissime, pas à l’aise dans un pays à contrastes, ils réinventent la réalité sans que la position de chacun ne bouge. Jim reluque l’alcool, sa femme reste étrangement héroïque, Jack rumine, Nina profite de chaque instant pour se faire remarquer, tourne autour de son grand amour, s’accroche, tempête, s’écrie que Jack est l’homme de sa vie. L’ennui c’est que Jack, qui a tant vécu, reste dans la position du félin à l’affût. Après les regrets, les dégoûts ; ce qui paraissait exotique ira en s’affaiblissant.

Le temps presse, les masques tombent. La conclusion sera sombre et inattendue dans ce monde où les symboles s’effritent. On retrouve dans ce roman cosmopolite toute l’ingéniosité de l’auteur, tout son talent, la solitude, la sauvagerie des frontières et l’ombre dangereuse des personnages. Les dialogues atteignent une réalité profonde, suggérant juste ce qu’il faut, une des grandes qualités de Stéphanie des Horts.

 

Alfred Eibel.

Albin-Michel

265 p. 18 €.

 

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Publié par le mai 17, 2015 dans Uncategorized

 

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