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René Crevel : Œuvres complètes, tomes I et II.

11 Juil

En trente cinq ans, René Crevel (1900-1935) a laissé plus de mille six cents pages dans les domaines les plus variés. Critique littéraire, textes politiques et polémiques, textes surréalistes, poésies, romans. Moraliste dans la tradition française, il rêve d’une écriture autonome, sans référents, loin d’une vérité vécue. Comment conquérir l’avenir sur la page blanche, se comprendre, comprendre ses contemporains.
Littérature de l’aveu et de l’autoanalyse, René Crevel soutient l’esprit contre la raison, s’accepte mal, assume une forme de vulgarité, attaque l’Église, tâtonne à retrouver l’enfance, s’emploie à un retour à la sauvagerie originelle. Homosexuel et bisexuel, fréquentant les salons littéraires, il écrit à propos de la poésie qu’elle doit être « une révolution en ce qu’elle brise les chaînes qui attachent l’homme au rocher conventionnel ». Crevel crée sa mythologie personnelle, ironise, émet des aphorismes, se veut combattant avec un corps à corps au langage. Il s’efforce de prêter une réalité à ses personnages. Il veut que le lecteur sente battre le pouls de ses personnages. André Salmon, à propos d’un de ses livres, La mort difficile, écrit que c’est un « poignant bouquin ». Un adjectif qui convient à ses autres livres. Crevel s’impose en auteur dramatique, prend des libertés grandes, à l’affût de la formule qui porte, se voulant à la fois complexe et mystérieux.
En tant que critique littéraire, il travaille à créer un dialogue avec l’auteur. D’un revers de la main, il écarte les romans dits « honorables et sans éclat, consciencieux mais impersonnels ». Il s’attache à Madeleine de Scudéry parce qu’elle a le sens de la grandeur et accompagne T’Serstevens dans son Vagabond sentimental, parce qu’il sait faire bouger ses personnages. Proche du XVIIIe siècle, il a publié un livre anti démagogique, Le clavecin de Diderot (1932).
René Crevel apporte son soutien aux intellectuels allemands qui fuient le nazisme, tente de rapprocher surréalisme et communisme, partisan, si l’on ose dire, d’un bolchévisme de rêve. Son œuvre reflète l’impuissance qui le hante à trouver un équilibre. Frondeur, agressif, il est persuadé que ceux que l’on traite de fous ne sont que des protestataires qui refusent de s’intégrer dans une société au cadre préétabli.
Tourmenté par la mort, ne percevant pas sur quoi le surréalisme pouvait déboucher, notamment sur des actions directes, malade sans espoir de guérison, René Crevel coupe court à toute alternative possible en se suicidant en 1935.

Alfred Eibel
Éditions du Sandre,
Chaque volume 45 €.

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Publié par le juillet 11, 2014 dans Uncategorized

 

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