RSS

Épouvante et surnaturel en littérature, de H.P. Lovecraft

25 Juin

Malcolm Lowry a écrit : « Je lis les préfaces, parfois je ne vais pas plus loin ». Celle d’Anne-Sophie Yoo qui ouvre les textes critiques de Lovecraft est si complète, si pleine, qu’on n’a pas envie d’aller plus loin parce qu’elle dit tout sur la peur, la crainte, l’effroi, l’angoisse d’une littérature illustrée par les Anglais qui ont trouvé dans l’Américain Howard Phillips Lovecraft (1890-1937), le solitaire de Providence, un nouvel adhérent au cercle fermé des écrivains de la terreur profonde et soudaine.
Inutile de citer les auteurs ici commentés. Ils sont trop nombreux. Celui qui ne sent pas derrière la banalité du réel l’effroi en tapinois, ignore que deux mondes se suivent parallèlement, le visible au premier coup d’œil et celui qui se dissimule, immobile, semblable au crapaud sur une feuille de nénuphar. Peut-être suggère Lovecraft, faut-il posséder en soi « l’effroi primordial ».
Si tant d’écrivains sont capables de jouer avec nos peurs, Lovecraft fait remarquer à propos d’Ann Radcliff (1764-1823) qu’elle possède « une imagination visuellement exceptionnelle ». Ce qui nous amène au cinéma qui n’a cessé de puiser dans l’épouvante et dans le surnaturel avec des bonheurs divers.
Par exemple, le film tiré d’Oncle Silas d’après le roman éponyme de Joseph Sheridan Le Fanu (1814-1873) a du mal à montrer l’angoisse que l’écrivain irlandais instille goutte à goutte dans son roman. La peur chez Hitchock devance le spectateur ; le prend par surprise. Dans le film de Joseph Losey The Servant, l’ombre enveloppe le film sur les immensités cachées des personnages. Il semble que le roman gothique des XVIIIe et XIXe siècles s’empare mieux du lecteur qu’une illustration filmique.
Rêveur, le lecteur doit se laisser guider comme au jeu de colin-maillard par des mains invisibles.
Des écrivains aussi inattendus que Rex Warner, Claude Houghton, Boris Akounine, lecteur d’Edward George Bulwer-Lytton (1803-1873), ainsi que les derniers textes de Jack London (1876-1916) prolongent le livre de H.P. Lovecraft qu’on se doit de connaître sans tarder.

Alfred Eibel
Pierre-Guillaume De Roux éditeur
249 p. 21 €.

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le juin 25, 2014 dans Uncategorized

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :