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Mes scandales, de Gabriel Astruc

26 Fév

Gabriel Astuc (1864-1938), journaliste, éditeur, impresario, a su mobiliser mécènes, financiers, banquiers, pour ses projets musicaux, autant d’aérolithes tombés dans la société choisie du Faubourg Saint-Germain. En 1907, Salomé de Richard Strauss défrise un public familier de la danse sage. Ce qui n’était pas le cas d’Ida Rubinstein, la Louise Brooks de la danse, la danse des sept voiles, trop suggestive. 1912, le danseur Nijinski dans Prélude à l’après-midi d’un faune de Mallarmé et Claude Debussy hérisse un public habitué aux spectacles de routine. Peu avant, en 1910, Gabriele d’Annunzio défend d’une voix forte et retentissante son texte du Martyr de Saint Sébastien de Claude Debussy alors que les spectateurs en font une affaire de moralité publique devant une Ida Rubinstein dans le rôle de Saint Sébastien, moulée dans une armure. Ce qui n’est rien à côté du Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky montée en 1913, véritable séisme musical, une chorégraphie révolutionnaire, trop rythmée pour une bourgeoisie saisie par l’apathie, ce sacre, pourtant, comptait à l’époque des défenseurs acharnés. Le plus choquant : la musique ou la danse ? Gabriel Astruc croit que cela pourrait être ces drôles de ballets. Si la nouveauté est un scandale, elle se justifie à condition que son éclat traverse les âges. Par exemple, dans les années cinquante, à Vienne, Salomé faisait encore fuir des mélomanes restés sous le charme du Chevalier à la rose.

 

Alfred Eibel

Editions Claire Paulhan, 159 p., 26 €.

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Publié par le février 26, 2014 dans Uncategorized

 

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