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Albert Dunkel, écrivain de génie, tueur en série de Michael Siefener

19 Sep

 Je ne résiste pas au plaisir de dire ici combien j’ai apprécié « Albert Dunkel » : un grand livre, une révélation dans sa façon d’aborder un thème difficile en fin lettré, un écrivain soucieux de l’architecture dramatique de son roman, aussi complexe soit-elle. Aisance et rigueur dominent un ensemble où toutes les parties, tous les plans s’enchaînent et s’emboîtent sans erreur en un subtil équilibre. La variété des sujets, des milieux étudiés, psychologie, religions, satanisme, vie littéraire : l’œuvre, la critique, l’édition, niveau social des familles, mariage, enseignement, tout cela se résume en un seul mot : justesse. Mais la vérité, l’authenticité de la moindre notation sert de socle, de cadre au caractère monstrueux et à l’atroce solitude du personnage. Ainsi, le récit, dans son foisonnement, de l’attention scrupuleuse au réel progresse-t-il vers le mystère de ce réel, vers une douceur du rêve, une virginité de l’imaginaire et du fantastique, avant de sombrer dans les abîmes de l’horreur. À ce que nous compte Michael Siefener, c’est trop peu dire que l’on croit, et jusqu’à l’envoûtement, jusqu’à l’angoisse. Nous sommes captifs. Bien que prévenus, on se prend à penser que les trois livres existent vraiment avec les références qui nous en sont données, éloquentes de précision. Pour un peu, on irait les demander chez le libraire ou les consulter en bibliothèque ! Tant de naturel, de vraisemblance, d’honnêteté, d’intelligence, de soin, de finesse, d’exigence et de maîtrise dans les multiples cases d’une construction romanesque élevée jusqu’à sa pointe métaphysique prouve à merveille la souveraineté d’un auteur d’exception qui s’est voulu, le temps d’un livre et pour la gloire de la littérature, le biographe inspiré d’un écrivain qui n’existe pas. Et pour couronner l’excellence, voici en conclusion le plus précieux : le respect absolu de la chose littéraire, la sauvegarde à tout prix des manuscrits inédits, fussent-ils ceux d’un tueur en série mais touché par la grâce et le génie de l’écriture. À quoi répond, en français et en même vocation, l’immense mérite de l’éditeur.

 

Jacques Sommer.

 

Serge Safran éditeur,

235 p. 19 €.

 

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Publié par le septembre 19, 2013 dans Uncategorized

 

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