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Eric Dussert : Une forêt cachée. 156 portraits d’écrivains oubliés.

31 Mar

 Dans son avant-propos à son XVIIème siècle. Recherches et portraits (Denoël) André Lebois écrit : « Le siècle que l’on croit connu, à cause des manuels et des tombereaux de commentaires déversés sur cinq ou six « grands » – les malheureux ! – toujours les mêmes, qui n’en peuvent mais… Ce terrain que l’on croit exploité, fouillé, retourné à la houe et à la serfouette, et dont tant d’hectares demeurent en friche… Ce filon que l’on croit épuisé, et qui recèle tant de trésors… ». On en dira autant du livre d’Eric Dussert préfacé par Claire Paulhan qui écrit : « Qui sont des « personnages cardinaux », absents des manuels et des dictionnaires ? Qui sont ces humbles, injustement négligés, vaincus par une postérité désastreuse ? ». Par bonheur, Eric Dussert, en avocat passionné, nous restitue ces destins malchanceux. Bon nombre étaient connus de leur vivant, lus, appréciés, parfois académicien. Oui, la postérité est un jeu de hasard. Ceux qui ont fait naufrage égalent ceux qui sont portés aux nues. C’est une nécessité que de plaire aux universitaires, sinon pas de salut. Vous ne voyez que Diderot ? Incliner la tête, vous apercevrez Caylus (1692-1765) il en vaut la peine. Vous lisez Balzac ? Posez un instant votre livre, emparez-vous d’Alphonse Karr (1808-1890) « maître du pamphlet et de la pique assassine ». N’hésitez pas à ouvrir L’ascension de M. Baslève d’Edouard Estaunié (1862-1942) « roman d’une veine balzacienne » certes mais qui annonce Georges Simenon. Vous ne jurez que par E.M. Cioran ? Absorbez Les nouvelles en trois lignes de Félix Fénéon (1861-1944) ; par ce génie, Suisse de surcroit, Henri Roorda (1870-1925). Vous aimez l’aventure, Jules Verne ? Vous aimerez Les Tortues de Loys Masson (1915-1969). Suivez le guide des écrivains qui voyages : Claude Anet (1868-1943), Théo Varlet (1878-1938), Maurice Dekobra (1885-1973), Albert t’Serstevens (1885-1974). Vous vous indignez ? Lisez Victor Barracand (1866-1934). Vous aimez la guerre ? Procurez-vous sans tarder La Peur de Gabriel Chevallier (1895-1969). La lecture d’Armel Guerne (1911-1990) vous évitera bien des livres inutiles. Amateurs des chroniques d’Alexandre Vialatte, sachez que les chroniques dispersées à tous vents d’Armand Guibert (1906-1990) une fois réunies en volume, en épaterons plus d’un. Vous mordez à l’œuvre de Paul Claudel, alors, prenez le temps de tanguer avec le mystérieux Basile Sainte-Croix (1901-1987). On irait bien au-delà… Laissons le lecteur s’égarer dans cette forêt qui a valeur d’un conte des frères Grimm. L’écriture d’Eric Dussert n’est pas celle d’un comptable. C’est un écrivain. Son affection pour les auteurs qu’il présente est grande. Sa tendresse rend la lecture de ce livre captivant.

Alfred Eibel

La Table Ronde, 605 p., 20,60 €.

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Publié par le mars 31, 2013 dans Uncategorized

 

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