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En lisant, en feuilletant (5)

02 Mar

Que Willem ait été primé à Angoulême n’est que justice. A une élégance de ligne qui affaibli le dessin, Willem, ancêtre du tag, révèle par son fusain, le cauchemar, le dégoût, la noirceur et l’horreur de la langue de bois. Il est salutaire d’obliger le lecteur à ne pas détourner la tête devant l’énormité.

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 « Avril 1945. Nous avons tellement d’impayés qu’on nous menace de nous couper l’eau, l’électricité et le gaz. Nous devons partir. Nous trouvons refuge dans un minuscule studio au 13 bis de la rue Campagne-Première, à Montparnasse, sous les toits. Il ne nous reste qu’un matelas roulé le jour et déplié la nuit, une petite table noire de Pierre Château. Lorsqu’il y a du soleil, c’est une étuve. J’ai du mal à étendre le bras tellement la pièce est petite. C’est une mansarde pour nains ».

Les fulgurances de Nicolas de Staël, de Karin Müller, Editions Guéna, 84 p., 9 €.

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 Tiré de La leçon du chat, de Jean-José Marchand

« Ce que l’on prend souvent pour sa magnanimité n’est que son indifférence ».

 Editions de La Différence, 77 p., 12 €.

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 Je reprends la lecture des Entretiens avec Marcel Duchamp de Pierre Cabanne, je tombe sur le passage suivant :

« Je suis sûr que lorsque des gens comme Seurat se sont mis à vouloir faire quelque chose ils ont vraiment supprimé le passé d’un seul coup. Même les fauves, même les cubistes, l’ont fait. Il semble qu’il y ait aujourd’hui plus que dans les autres périodes du siècle, des liens étroits avec le passé. Cela manque d’audace, d’originalité… ».

 

Editions Pierre Belfond, 218 p.

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 Cet automne, dit-on, c’est un bruit qui court, doit paraître un livre singulier. Cela se murmure. Une fois n’est pas coutume, à propos d’un roman à paraître, que ceux qui ont le babil facile ne l’ont pas lu. Cela aiguise la curiosité. Le meurtre de Jacques Sommer. Attention, ce n’est pas un roman policier ! Que traine ce roman derrière lui, fermement harponné, serait-ce la baleine blanche de Herman Melville ? A la rentrée littéraire on en saura plus puisque ce roman sera disponible aux éditions Pierre-Guillaume de Roux.

 

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 « Au cours de sa première année de règne en France, Henri III est allé de déception en désenchantement. Il a un peu trop cru qu’il lui suffirait de rappeler à tous leur devoir de respect et de soumission à sa personne pour en obtenir l’obéissance et le service. Dépourvu à la fois d’argent et d’énergie, bourré d’intentions pacifiques, plus soucieux de conduire une cour que de mener la rude vie des camps, il a abandonné à d’autres le commandement des troupes et laissé pourrir la situation intérieure. Il y a plus grave : sa prodigalité, ses exigences fiscales, ses excès de dévotion ont fait de lui un souverain impopulaire ».

 

Michel Pernot : Henri III Le Roi Décrié, Editions de Fallois, 477 p., 25 €.

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 « Ne devoir rien à personne, c’est ça ? Réussir à la seule force du poignet ? Mais vous vous trompez de génération : celui qui a dû trimer pour s’élever au-dessus de sa classe sociale, pour faire oublier aux autres qu’il descendait de pêcheurs incultes, c’est votre père, pas vous ! Le travail est djà fait ! Vous, Stephen, vous avez grandi dans des pièces confortables, propres et bien éclairées, avec une télévision, une bibliothèque, un ordinateur : vous étiez bourgeois, comme presque tous vos condisciples. Comme moi. Un fils d’ingénieur. Que cela vous plaise ou non ».

 

Jean-Pierre Ohl : Redrum, L’arbre Vengeur, 242 p., 15 €.

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 « On demande beaucoup à une traduction : non seulement l’exactitude du sens littéral, la rigueur dans le choix des équivalences, une signification authentique et serrée, mais aussi quelque chose, sinon de l’accent, du moins du mouvement de la langue originale, de son mode d’énonciation. Et, en même temps, une lecture naturelle, vivante, qui ne donne pas l’impression d’une sorte de déchiffrage mot à mot. C’est ce résultat qu’a atteint Denise Masson, me semble-t-il, dans sa traduction du Coran, fruit de longues années de travail : un texte net, vigoureux, qui respire parfaitement dans notre langue, et qui rend le caractère abrupt, concentré, parfois jusqu’à la fulguration, du texte original. On avait lu jusqu’ici le Coran dans d’autres traductions, ou disons qu’on en avait pris connaissance. On l’entend dans celle-là. Or, fixé depuis tant de siècles, le Coran demeure une parole orale. C’est par la voix qu’il continue à transmettre son avertissement, sa leçon, sa promesse ».

 

Jacques Mercanton : Mozart avant l’adieu et autres essais, Editions de la Différence, 155 p.

Alfred Eibel

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Publié par le mars 2, 2013 dans Uncategorized

 

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