RSS

En feuilletant, en survolant (4)

24 Fév

« Vous allez me demander : dans ces conditions, que peuvent faire les femmes ? Eh bien, puisqu’on leur dit que leur place est à la maison, et qu’elles doivent se borner à élever leurs enfants, qu’elles commencent par l’essentiel : qu’elles incitent leurs filles et leurs fils à exiger plus et mieux de la vie ».

Superman est arabe, de Joumana Haddad, Editions Sinbad/Actes Sud, 230 p., 20 €

 

*

 « Les années qui suivirent – lorsque je suis devenue maître de conférences puis maître de requêtes – me donnèrent un sentiment d’achèvement, l’impression d’être arrivée au bout de quelque chose. Tous les matins, j’entrais dans la cour du 12 place du Panthéon pour aller donner mes cours. Je m’arrêtais toujours quelques instants pour lire la devise française inscrite sur le fronton du bâtiment : Liberté, égalité, fraternité ».

 

Ma république se meurt, de Jeannette Bougrab, Grasset, 216 p., 18 €.

 

*

 Il faut lire sans tarder le Dictionnaire amoureux du crime d’Alain Bauer, un catalogue complet, mondial, du crime organisé ou personnalisé, de la mafia italienne, de la mafia japonaise (Yakuza) des triades chinoises qui comptent « parmi les organisations criminelles les plus puissantes et les plus globales du monde ». Lucky Luciano est devenu une « véritable icône du crime ». Il a inspiré des cinéastes, Terence Young, Francesco Rosi, Francis Ford Coppola, Michael Karbelnikoff, Bill Duke. Nous sommes loin du gentleman cambrioleur Lupin, Arsène. Et nous sommes à mille lieues d’Elisabeth Barthory, la comtesse sanglante et de Gilles de Rais, « l’un des plus grands tueurs d’enfants de notre histoire ». « Personnage vedette des reconstitutions historiques locales, Gilles de Rais possède même quelques places et rues à son nom ». Lire ce qu’en dit Georges Bataille. Sherlock Holmes, Jules Maigret, Philip Marlowe, Hercule Poirot, San-Antonio, Nestor Burma, Columbo, défilent dans le bon ordre. Le hold-up a ses héros. Lang, Hitchcock et Siodmak ont bien illustré le crime. Le plus inquiétant, Charles Sobhraj, dit « Le Serpent » mérite une place à part parmi les criminels. « Bien qu’il soit probablement le pire serial killer français encore vivant, Charles Sobhraj est quasiment inconnu dans l’hexagone ». Alain Bauer lui consacre plusieurs pages. A relever cette déclaration de Sobhraj : « Tant que je peux parler aux gens, je peux les manipuler ». Aussi passionnant qu’un thriller, voilà ce qu’il faut dire pour finir du travail d’Alain Bauer.

Plon, 940 p., 24,50 €.

*

 Jours de pouvoir est un livre à saisir à pleines mains et à ne plus lâcher. D’ailleurs une fois ouvert, il ne vous lâche plus de par ses qualités littéraires. On lit en date du 9 février 2012, Genève-Strasbourg : « Avec ma manie de courir avant de travailler, je me suis étalé de tout mon long sur la promenade qui longe le lac de Genève. « Vous êtes sûr que vous voulez aller courir ? » me demande mon officier de sécurité à la sortie de l’hôtel. Il me montre du doigt les lampadaires hérissés de pointes de glace, les congères formées sous les piles des ponts. « Sûr ». Sous la lumière pâle du matin, la chaussée bleutée luit doucement. On ne court pas, on patine, on se rééquilibre avec les bras. Et puis, un moment, on ne se rééquilibre plus du tout, on tombe ».

Gallimard, 427 p., 22,50 €.

Alfred Eibel

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le février 24, 2013 dans Uncategorized

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :