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La civilisation de la Renaissance en Italie, de Jacob Burckardt

08 Avr

Sans cesse rééditées, les œuvres de l’historien suisse d’expression allemande, Jacob Burckardt (1818-1897) nous captivent encore non seulement par la justesse de ses vues mais par l’expression de sa propre sensibilité. Burckardt enseigna encore à Bâle, puis fut essentiellement professeur d’histoire de l’art à l’école polytechnique de Zurich. Il séjourna en Italie à partir de 1840, l’année durant laquelle il commença à rassembler des informations sur l’Italie de la Renaissance. Il repart en Italie en 1846, 1847, 1853, Durant ces années, les idées romanesques qui furent celles de sa jeunesse sont abandonnées. Il se tourne vers le classicisme. Ceux qui l’on connu à cette époque le décrivent comme l’historien le plus avisé du XIXème siècle. Les études de théologie, de philologie, l’ont amené à s’intéresser à une foule de chose, à s’y atteler avec ferveur. Il publie en 1855 Le cicerone, guide de l’art antique et l’art moderne en Italie, qui lui valut une réputation internationale et servit par la suite de guide à plusieurs voyageurs en Italie. C’est en 1860 qu’il publia son œuvre maîtresse La civilisation de la Renaissance en Italie. Ce qui doit nous retenir de ce tableau magistral, c’est la pertinence de ses analyses, la clarté de ses exposés, l’originalité de ses vues, l’autorité avec lesquelles il les interprète. Il ne se contente pas d’aligner et de légender les chefs d’œuvre de la peinture, de la sculpture, de l’architecture ; il sait approfondir avec la singularité qui le caractérise, chaque composante de cette Renaissance, non pas en l’isolant ; au contraire, en montrant l’originalité de chaque partie, démontrant que les disciplines étaient dépendantes les unes des autres ; que la diplomatie, la conduite du pays, sa gestion, participent de la création artistique dans son ensemble au cours d’une époque qui n’aurait pu atteindre le sublime si les rênes du pays n’avaient pas été tenues entre des mains avisées, ce qui est une façon de dire que la notion d’art dépend essentiellement de la manière dont le pouvoir s’implique dans la cité. Le succès de ce monumental ouvrage fut le point de départ d’autres ouvrages tels que Une histoire du monde où il présente sa philosophie de l’Histoire. Ce pessimiste se lance en 1864 dans une histoire de la civilisation grecque malheureusement restée inachevée au moment de sa mort, néanmoins publiée en 4 volumes entre 1892 et 1902. Infatigable travailleur il aura laissé 14 volumes de textes critiques et des introductions. Sa correspondance comprend dix volumes.
Burckardt a exercé sur Nietzsche une influence déterminante. Celui-ci le décrit comme étant « notre plus grand sage ».

Alfred Eibel

Editions Bartillat, 640 p., 28 €.

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Publié par le avril 8, 2012 dans Uncategorized

 

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