RSS

Le radeau médusé

14 Mar

Un écrivain reprochait récemment à un critique de n’avoir pas saisi le sens exact de son roman. Reproche infondé, l’article était élogieux. Embarqué sur un radeau à la dérive, le critique tente de suivre l’histoire. Brusquement l’auteur bifurque, le critique bifurque avec lui. Les chemins de traverse se multiplient ; les personnages un peu essoufflés suivent tant bien que mal l’auteur, qui lui-même se cherche encore ou plus précisément cherche les contours de son histoire. Il perd pied, va dans tous les sens comme s’il s’efforçait à oublier les traces de son début. Est-ce pour faire croire à la profondeur de son histoire passablement confuse ? Et le style, me direz-vous, son écriture, son panache, ses envolées ! Ah ! La belle affaire, ah ! La manière, la facture, ah ! Cette langue si suggestive ! Certes, certes. Mais le critique ne sait plus à quel saint se vouer ! Il tente de comprendre et voilà qu’on lui fait remarquer qu’il s’est planté dans les grandes largeurs ! Le style n’est pas un parachute doré. Vous comprendrez me dit ce critique un peu médusé que le lecteur pris de bâillements répétés ne songe plus qu’à une chose : se tourner vers un bon polar des familles.

Alfred Eibel

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le mars 14, 2012 dans Uncategorized

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :