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Adrien Baillet : La vie de Monsieur Descartes suivi de Abrégé de la vie de M. Baillet, par Bernard de La Monnoye.

03 Fév

La bonne approche de la vie de René Descartes (1596-1650) : l’aborder sous l’angle d’un roman d’aventures ou si l’on préfère, l’envisager sous l’aspect d’un drôle de mousquetaire qui se serait mis à son compte. Descartes hésita longtemps sur le choix d’une occupation, se voyant plutôt militaire, tantôt mondain, bientôt retiré dans la solitude. Kléber Haedens écrivait à son propos : « il est certainement l’aventurier le plus audacieux et le plus tranquille ». Fut-il audacieux avec les femmes ? En tout cas s’il a choisi la philosophie c’est parce l’exercice de sa pensée est l’occasion qui lui cause le plus de plaisir. En 1617, il s’engage comme volontaire dans l’armée de Maurice de Nassau ; en 1619 dans celle de l’électeur de Bavière ; en 1621 dans celle du comte de Bucquoy. En 1629, afin de n’être dérangé par personne, il se rend en Hollande où il restera vingt ans. Homme de terrain, homme de méditation. Comment ne pas l’imaginer en homme de rendez-vous secrets si l’on observe attentivement le portrait qui fit de lui Franz Hals : la tête découverte, vue de trois quart, vêtu d’un manteau noir, un grand col rabattu et tenant un chapeau à la main. Adrien Baillet (1649-1705) prêtre et savant français prit Descartes en filature, faisant preuve d’une remarquable érudition ce qui ne l’exempte pas de quelques erreurs. Mais foin de détails, une fois engagé dans cet énorme ouvrage on y découvre des merveilles. On a dit de Baillet que son style était fort négligé. Certes, ce n’est pas le style du Grand Siècle ; qu’importe, le lecteur familier de la langue du XVIIème siècle s’y retrouvera sans difficulté. Ne s’attachant pas au bretteur, Adrien Baillet souligne qu’une des grandes règles de Descartes est d’obéir aux lois et aux coutumes ; insistant sur son désintéressement, sa pondération, sa sagesse, sinon sa mansuétude. Le doute appartient à la panoplie cartésienne. Descartes va jusqu’à remettre en cause son propre raisonnement, ce qui a fait dire à Bayle qu’il est un inventeur de conjectures « que l’on suit ou que l’on quitte selon que l’on veut chercher tel ou tel amusement de l’esprit ». Ce qui embarrasse Descartes : son excellente réputation. Trop d’amis, trop de temps perdu, trop de remords d’avoir perdu tant de temps à écouter les fâcheux. Descartes reste en toute circonstance un non conformiste. L’essentiel de sa méthode se résume par ses simples mots : intuition et déduction, reposant sur l’évidence, comme critérium de la vérité.

Alfred Eibel

Editions des Malassis/Editions des Equateurs, 1064 p., 45 €.

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Publié par le février 3, 2012 dans Uncategorized

 

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