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La séquence de l’énergumène, de Gabriel Matzneff

22 Jan

De 1963 à 1965, Gabriel Matzneff donne au quotidien Combat des chroniques de télévision. La bêtise prolifère, se loge dans l’unique chaîne de l’époque qui inaugure ce qu’on appelle le divertissement, cette façon non autoritaire mais néanmoins impérieuse d’anesthésier le public. Matzneff défend les causes qui lui sont chères, s’enthousiasme, blâme ou s’indigne. Qu’il évoque un livre, un film, une pièce de théâtre, un écrivain, une chanson ou Brigitte Bardot, il bat ce grand ensemble comme on bat œufs en neige. Bien des événements de ce temps paraissent aujourd’hui négligeables. Malgré cela, la contestation avait de l’allure. On découvrait avec bonheur les événements les plus imprévisibles parce que ces trente glorieuses décontractées autorisaient encore des pamphlets fort de café, des engueulades entre factions cinéphiliques, des rires épiques, des charriages qu’on a du mal à imaginer, un sérieux pesant nous collant à la peau. Joies et liberté sont les maîtres mots de Matzneff qui prenait son pied à pointer du doigt les imbéciles à la mine de patenôtre, les déclarations creuses, les bourgeois engoncés dans leurs certitudes. Maintenant ce qui nous retient avant tout c’est le style vibrant de ces pages. Ceux qui ont vécu ces moments ne peuvent se défaire d’une impression, celle d’une banquise diluée dans un océan d’oubli.

Alfred Eibel

Editions Leo Scheer, 339 p., 21 €.

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Publié par le janvier 22, 2012 dans Uncategorized

 

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