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Mes plus beaux contes sacrés, de Jean de La Varende

02 Jan

Jean Malland, vicomte de La Varende (1887-1959), était un homme aux nombreuses dissemblances qu’il mariait de la plus heureuse façon. Fidèle aux traditions de la droite monarchiste française, il a refusé sa vie durant d’observer les valeurs de la morale et de la société bourgeoise. Les héros de ses romans, hobereaux normands pour la plupart, sont orgueilleux, sensuels et combatifs, refusant l’argent, la rentabilité immédiate, la médiocrité, vivant dans l’excès et la violence. On découvre chez la plupart, des comportements d’homme de guerre tels qu’on les montre chez Blaise de Monluc (1499-1577). Parallèlement, La Varende attribue à ses héros compréhension et générosité. Ils ne sont pas au service d’une cause ; ils sont au service de Dieu. L’écriture de l’écrivain est à l’image de l’homme, excessive, émaillée d’archaïsmes, multipliant les expressions patoises, déclarant : « j’aime les mots plus que tout, les grands, les gros, les petits ». Il faut lire Pays d’Ouche, Nez de Cuir, Les manants du Roi, Le centaure de Dieu, ses biographies de Surcouf et de Tourville, pour entrer dans le monde mythique qu’il s’est inventé, pour finalement l’accepter. Jamais méprisant, exigeant avec lui-même, rassurant, porté à l’humour, Jean de La Varende en surprend plus d’un, tantôt émouvant, tantôt féerique, passant brusquement à des situations implacables.
Publiés dans des journaux entre 1938- et 1959 ces dix-sept contes sacrés ont tous un point commun. Par quels sentiers l’homme rejoint-il le divin ; par quelle opération du saint-esprit s’opère cette jonction. Qu’est-ce que le sacré ; comment réaliser un rêve. Ses héros croient à la vie, à l’art, au ciel. Il leur faut voir, entendre, palper, sentir, pressentir la présence de Dieu, de ces hommes qui ne sont pas des chrétiens parfaits, qui n’aspirent qu’à se réconcilier avec eux-mêmes ; compatissant selon les saisons, fascinés par les arbres qui changent de tenue, par les demi-teintes des fleurs, éprouver leurs odeurs, leurs parfums, phénomènes naturels qui poussent ses personnages vers Dieu, convaincus qu’ils sont que seul le Très-Haut est en mesure de commander aux éléments. Il est recommandé de s’épanouir par le chant ne cessent de clamer les paladins, chevaliers de Normandie ou membres d’associations pieuses. Qu’on aille pas se former l’idée que ces hommes font partie d’une galerie de bigots, de grenouilles de bénitier, de génuflecteurs, de bondieusards. Ces contes respirent la santé, la joie de vivre. L’enfant roi est tourné vers le beau ; les paysans sont à la fois impatients et nostalgiques ; les prêtres, toujours prêts à voler au secours des malheureux ; le docteur, volontaire, dès lors qu’on lui signale quelqu’un d’indisponible ou pris d’infirmité, ne connaît plus de repos. La Varende est persuadé que c’est un moment où l’on perd pied qu’une présence invisible vole au secours de celui qui souffre. Alors, a lieu le miracle. Il le dit dans un style imagé, comme l’eau-forte, ne s’embarrassant de rien, encore moins de la chatouilleuse susceptibilité des hommes.

Alfred Eibel

Editions Via Roma, 201 p., 15 €.

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Publié par le janvier 2, 2012 dans Uncategorized

 

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