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Embrassez-moi, d’Eric Holder

15 Sep

Fin limier, Eric Holder éclaire brusquement ses jeunes filles, en fait le tour, les dépouille de leurs artifices avant que des mains expertes s’emparent d’elles. Il décompose les envies qu’elles suscitent, celles de follement les aimer, de les aimer à la folie. Elles se prêtent aux titillations les plus exquises débouchant sur un franc plaisir que les maladresses rendent encore plus excitantes. Voilà les jeunes mâles transfigurés en divinités de bois dès que passe une jeunesse trimballant sans crier gare ses attraits à damner un saint. Comme Duchamp sa mariée, Eric Holder dans ses huit tentatives de séduction n’oublie pas les mouvements lents, ni creux, ni les monticules, attentifs aux maladresses de ses filles si émouvantes, s’attachant avec force à ce qu’elles veulent dissimuler à tout prix. Quand ces beautés s’éclipsent, elles laissent derrière elles une marge de désir, des senteurs capiteuses qui réchauffent les sens. Il arrive que le plaisir soit moins abouti que prévu ; il est toutefois abouti. Dans ces brèves de boudoir Holder fait merveille. Il faut le suivre à la lettre car il charge ses impressions de mots rares, de queues de phrases inattendues qui expriment à sa manière la plénitude de ce qu’il veut transmettre. Parler de sexe exige du doigté. C’est pourquoi il jette pudiquement un voile sur les turpitudes de ces charmantes demoiselles pour mieux lever un coin du voile pour une mise à nu inoubliable dont l’issue est un mirobolant feu d’artifice.

Alfred Eibel

Le Dilettante, 224 p., 17 €.

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2 Commentaires

Publié par le septembre 15, 2011 dans Uncategorized

 

2 réponses à “Embrassez-moi, d’Eric Holder

  1. Eric Holder

    septembre 20, 2011 at 6:31

    Bonjour, Alfred Eibel,
    Bonjour, et merci pour cette lecture d' »Embrasez-moi ». Je suis extrêmement heureux que ces « Filles du feu » continuent de rayonner dans une alcôve de votre mémoire, leur désir assouvi et votre effeuillage achevé. « Parler de sexe exige du doigté » écrivez-vous. Une certaine altitude, aussi, une fréquentation de l’azur, des merveilleux nuages et des courants ascendants dont vos mots gardent la trace, si ce n’est la nostalgie.
    La plume de mon chapeau dans la poussière, à votre passage délicat, rêveur, amusé. Laissez-moi vous prévenir : « Brèves de boudoir », cela resservira, avec, à chaque fois, une pensée à votre égard.
    Bien à vous,
    Eric Holder

     

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