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Un homme inutile, de Valère Staraselski

06 Août

Pire que de perdre le manteau de Gogol, se retrouver au chômage. Brice Beaulieu endosse  la défroque. Les personnages sont banals, ils hantent la capitale. Ce qui se passe ici tient à une vision particulière, à ce qui se dissimule derrière les visages, un univers de détails observés à la loupe avec lesquels on n’avait pas compté. Et pour cause. Les infortunes font dégringoler. S’ensuit un lent affaiblissement de la personne. Dans une ville qui apparaît en permanence chargée d’orage, hommes et femmes guettent les instants heureux que la vie infuse. Les mystères de Paris se changent en misères de Paris. Les jours se répètent mais les esprits n’évoluent pas. Le temps a-t-il sa logique ? Ou faut-il que l’incongruité du jour morde sur nos préoccupations ? En médecin légiste Valère Staraselski autopsie ses personnages. Non seulement il n’y a pas de héros dans ce livre qui fonctionne comme les variations de Goldberg de J.S Bach ; il n’y a pas non plus, d’actes, de poses, de positions épiques que l’auteur ferait prendre à ceux qui auraient eu l’imprudence de confondre société généreuse du vivre ensemble avec liberté cadrée, encadrée. L’œuvre exprime le grotesque, l’immonde, d’une humanité qui se digère, que la médiocrité satisfait pleinement. Il traduit l’ironie et la désespérance sur un ton presque martial.

Alfred Eibel

Le Cherche-Midi, 194 p., 14 €.

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Publié par le août 6, 2011 dans Uncategorized

 

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