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Le dernier stade de la soif, de Frederick Exley

25 Avr

 Pour Exley la soif de vivre se confond avec la soif de boire. Il est difficile de vivre, dit-il, sans une bonne cuite. Il assume sa vie périphérique, n’en fait pas un fromage, ne confond pas réussite et sagesse. Hédoniste et fornicateur, sa vraie passion est le sport ; ne loupe aucun match des Giants aussi essentiel que le théâtre élisabéthain ou l’art de la Renaissance. A la recherche d’un emploi, cette bible de la désespérance positive, raconte l’odyssée d’un intellectuel qui frappe à toutes les portes équilibrant lecture et biture ; affirme qu’il n’y a aucune leçon à tirer de la vie parce qu’elle continue à suivre son petit bonhomme de chemin et que lui, Exley, trottine derrière. Il affiche un peu de lyrisme pour dire comment, pourquoi, à quelle heure, sous quels tropiques, sous quel climat, tout ce qu’il envisage échoue lamentablement. Ce n’est pas grave parce qu’Exley accouche d’une sorte de chef-d’oeuvre du perdant professionnel. Il note « J’ai toujours ressenti une excessive timidité qui me rendait muet ou me réduisait au genre d’éructations cyniques avec lesquelles les illettrés signifient leur incompréhension ». Cet homme est à ranger derrière Ring Lardner qui voyait le vide et l’absurde de la société ; derrière Charles Bukowsky, alcoolique provocateur et délicat poète.

Alfred Eibel

Editions Monsieur Toussaint Louverture, 444 p., 23,50 €.

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Publié par le avril 25, 2011 dans Uncategorized

 

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