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 » Le petit roman de la gastronomie », de François Cérésa

11 Déc

La gastronomie exclut la parcimonie. François Cérésa soutient  cela parce qu’il s’y connait en mitonnage, en dégustation, en combinaisons gustatives. Amateur de bonne chère il nous fait assister à un défilé de grande toques. Son art de vivre culinaire est incompatible avec la cuisine minceur, dit-il, dans une langue battue comme blancs d’œufs, qui ne manque ni de panache, ni de drôlerie, ni d’acrobaties verbales. On l’aura compris, n’est pas gastronome qui veut ; il y faut des dispositions particulières, de l’aisance, de la prestance, de l’insouciance, du flair, le sens de l’humour et du bon sens, le goût de la camaraderie et un don de conteur. Nous avons tous dans notre entourage des personnes qui n’ont pas de palais, qui s’en mettent plein les trous de nez, ainsi que le  chantait Maurice Chevalier. Viennent ensuite les habitués de la dégustation et pour finir les amateurs éclairés qui laissent fondre leur plaisir. Affirmons-le, un bon vivant est sans conteste un bon ventre. Réussir un plat sophistiqué vaut bien un beau poème ; un plat affiné et subtil réunissant « l’olfactif et l’affectif » tend vers le divin. Ce n’est certainement pas un jésuite de mes amis qui me contredirait, fin gourmet, œnologue autoproclamé. On lui reprochait de trop téter ; il répondait, mes chers frères, soyez sans inquiétude je fournis à ce nectar une sépulture chrétienne. La bonne bouffe inspire ! Ce livre saura orienter le lecteur vers les parfums les plus étourdissants au point que ceux qui chavirent une seule fois dans leur vie finissent par ressembler à Orson Welles qui savait que la gastronomie repasse les plats. « Là où Savoy passe, la truffe repasse », note François Cérésa. Nous, le nez pris dans la terrine, absorbé par nos ustensiles de cuisine, dans l’attente de nous pâmer d’aise, il nous est arrivé de présenter un tarin à la W.C. Fields. Qu’on se rassure, sans tomber dans la misanthropie.

Alfred Eibel.

 » Le petit roman de la gastronomie », de François Cérésa, Editions du Rocher, 131 p., 9,90 €.

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Publié par le décembre 11, 2010 dans Uncategorized

 

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