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L’adieu aux Rois, Paris janvier 1794, de Valère Staraselski

Le samedi 4 janvier 1794, dans l’après-midi, trois compères rêvent d’effacer les vestiges de la royauté, détruire jusqu’au souvenir des rois de France. Ils font appel à Ferdinand Gautier, fervent catholique, royaliste convaincu et témoin oculaire des profanateurs. Valère Staraselski réveille, dans ce roman-constat, la mémoire. Comment les cercueils furent ouverts, comment les effigies en marbre des époux royaux furent pulvérisées. Lebrun chantait : «  Purgeons le sol des patriotes / Par les rois encore infecté ». Robespierre, d’une intransigeance hautaine, écrivait : « Le roi est inviolable par une fiction ; les peuples le sont par le droit sacré de la nature ». Les trois compères écoutent. Comment une couronne et un sceptre furent trouvés dans un tombeau ; des visages aux traits à peine altérés ; des cercueils vidés de leur contenu ; parfois on découvre des corps presque intacts ou en décomposition, ou en putréfaction liquide tel le corps de Marie de Médicis avec ses cheveux. Une fonderie avait été installée sur place pour les cercueils de plomb. Gautier note tout dans les moindres détails. Le personnage de Robespierre apparaît ici mesuré, honnête, indulgent, animé par la passion du devoir et par-dessus le marché, incorruptible, ce qui ne plaît pas à tout le monde. On murmurait : le voici d’une probité révoltante ! Robespierre a encore le temps de dire : «  je suis fait pour combattre le crime non pour le gouverner ». Neuf jours de cauchemar cernés avec efficacité par Valère Staraselski.

Alfred Eibel
Le Cherche-Midi Éditeur
232 p. 16 €.

 
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Publié par le avril 15, 2014 dans Uncategorized

 

La chambre d’Hannah, de Stéphane Bellat.

Cinquante ans séparent Pierre Descarrière, 11 ans en 1992, de Hannah, juive, 11 ans en 1942. Et pourtant le fantôme d’Hannah hante la chambre qui fut la sienne, occupée par Pierre. Jusqu’où le rêve est-il extensible ? Que se passe-t-il quand l’Histoire quitte les livres pour le roulis de la réalité ? Que faire si la mémoire connaît des blancs et que l’oubli s’y installe ? Ce roman étrange pose la question essentielle : à ne pas se souvenir du temps passé, comment aménager le temps présent ?

Alfred Eibel.

M.A Éditions, 255 p. 17, 90 €.

 
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Publié par le mars 26, 2014 dans Uncategorized

 

La Satire Foutre, Histoire de Clitandre et Phallusine de Maxence Caron.

 Histoire d’un couple moderne sous les oripeaux du soir. Langage du temps présent en alternance avec ces sauts de mots qui abolissent la sottise. S’y reconnaîtraient Théophile de Viau écrivant : « Les bonnes qualités ne sont plus de saison » ou Bussy-Rabutin. Pourquoi l’ennui secrète la culture, pourquoi le libertin se fixe à une femme franc-archer. Ce livre du type lettres aux aveugles est un livre très dégourdi, véhément, qui ne recule pas devant les turpitudes du genre.

Alfred Eibel

Les Belles Lettres, 156 p. 9 €.

 

 
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Publié par le mars 20, 2014 dans Uncategorized

 

Une Japonaise à Paris, de Roland Jaccard

Carte du Tendre à la japonaise, aux antipodes de Madeleine de Scudéry, proche de Georges amoureux. Keito « aimante son âme », c’est la grâce incarnée. Fascination réciproque. Comment entretenir la flamme. Non pas féérie pour une autre fois mais de l’instant présent ; thermomètre d’une passion qui varie selon le degré des pulsions du cœur. Livre roboratif, remède contre la déprime, loin de ce qui oblige, alors que la vie est belle.

 

Alfred Eibel

 

L’Editeur, 59 p., 12 €

Illustrations de Masako

 
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Publié par le mars 20, 2014 dans Uncategorized

 

Livre de rentrée. Mini-choix de Valeurs : Brouillard, de Jean-Claude Pirotte.

Jean-Claude Pirotte, à ses débuts, avec une régularité de métronome, s’échappe de l’univers clos qu’est la société. La liberté est sinueuse, elle a un prix. Le narrateur de Brouillard, prisonnier du cancer, tente de reprendre la main sur son passé. Classer ses souvenirs. Faire paraître les petits faits quotidiens plus gros qu’ils ne sont, les filtrer, les charger de poésie, des bribes de vie happées au hasard.

Ses maladresses, ses mauvaises fréquentations, son mariage obscur, ses malaises, tout mérite d’être signalé dans ce tohu-bohu de souvenirs rassemblés à la sauvette. « C’est un bonheur de se procurer son propre étonnement ». La tâche du poète, se laisser surprendre, mettre au net les fractions d’épaves qui remontent à la surface. Pirotte évoque le « nouveau siècle qui déjà se démantibule ». Il est temps de sauver les livres qui l’inspirent.

 

Alfred Eibel

Le Cherche-Midi éditeur, 144 p. 13,50 €.

 
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Publié par le mars 20, 2014 dans Uncategorized

 

Entre le meilleur des mondes et le dernier des mondes, Alix, jeune femme occupée à sa thèse sur la grande clarté du Moyen Âge, est en quête d’une monde où l’homme serait débarrassé de ses mensonges et de son m’as-tu-vu-isme. Elle rencontre Vincent, un homme conditionné par le rendement et le cynisme qui sera, parmi d’autres, un partenaire. Critique d’une société où la raison fait fi du cœur et de ses raisons, ce beau livre ambitieux se moque de ses personnages et de leurs mœurs, et de ceux qui œuvrent pour le bonheur de l’espèce humaine. C’est dans ce contexte qu’Alix se débat.

Alfred Eibel

Pierre-Guillaume de Roux éditeur, 301 p. 22,50 €.

 

 

 

 
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Publié par le mars 20, 2014 dans Uncategorized

 

Romans d’espionnage de la Grande Guerre.

L’excellent François Rivière nous emmène chez des écrivains anglais qui se sont illustrés durant la Grande Guerre. Célèbre (Conan Doyle), inattendu (Rudyard Kipling) et une brochette de méconnus qui parlent de 14-18 comme s’ils y étaient. Des affaires tordues, la peur d’être démasqué, le sang froid devant un cadavre, un homme au pied contrefait qui sait aligner les morts, un train blindé véhiculant un personnage au début de la Révolution russe. La question se pose : un espion travaille-t-il pour le gouvernement qui l’a engagé ? Six romans qui excitent le plus vif intérêt.

 

Alfred Eibel

 

Bouquins, Robert Laffont,

Édition établie et présentée par François Rivière.

832 p., 30€.

 
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Publié par le mars 11, 2014 dans Uncategorized

 
 
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